« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du dimanche après l’Ascension : Jean 17, 1-13.

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L’humilité de Dieu –

En ce dimanche qui suit la glorieuse Exaltation du Seigneur, il nous est révélé le sens profond de cette « ascension », terme maladroit qui donne l’impression d’une escalade spatiale, de cette « assomption », plutôt, comme dit le grec « analèpsis ». L’Ascension est l’apothéose du Seigneur Jésus, non pas son élévation au rang de la divinité, mais son retour à la place divine qui est la sienne, à la droite du Père, ce rang qu’Il n’a jamais quitté. Il ne s’est jamais prévalu de cet honneur ; Il n’a jamais revendiqué d’être glorifié comme le dieu qu’Il est ; Il s’est nommé le Fils de l’Homme, Lui qui est le Fils unique engendré du Père. Il est venu dans le monde en toute humilité, un homme parmi d’autres, Monsieur tout-le-monde, un Juif parmi les Juifs, un rabbin parmi ceux de son temps.

La gloire atemporelle

Mais aujourd’hui, après avoir accompli la volonté du Père en manifestant l’humilité divine, Il retrouve la gloire qui est la sienne de façon atemporelle, non seulement « avant que le monde n’existe », mais en deçà de toute temporalité et de toute éternité. Son apothéose est le rétablissement dans la gloire qui est la sienne par nature, puisqu’Il est Dieu par nature, comme le Père est Dieu, comme l’Esprit est Dieu – un seul et unique Dieu glorifié comme communion d’amour des personnes divines. Dans l’évangile que nous venons d’entendre nous percevons cette communion dans l’extraordinaire confidence divine où le Fils parle au Père de tout ce qu’Il a accompli par obéissance d’amour.

Le colloque divin

Il parle au Père d’une œuvre missionnaire concrète auprès de personnes humaines qu’Il connaît. Il le dit : Il prie, non pour un monde impersonnel, mais pour des personnes que le Père lui a confiées. Ainsi la position du Fils à la droite du Père est-elle celle d’un colloque divin et d’une connivence du Père et du Fils en faveur des personnes humaines. Prier, pour le Fils, on le voit ici, c’est tout simplement parler au Père. Telle est, depuis l’Ascension, la place du Fils dans le monde actuel, dans l’Église, dans nos vies personnelles et familiales. Il est invisiblement présent par la grâce du saint Esprit, car Il a promis d’être avec nous jusqu’à la fin des temps, et il est simultanément glorifié auprès du Père.

Celui prie

Sa place auprès de nous et parmi nous est à la fois toujours humble et en quelque sorte retirée, et glorieuse. Il est, parmi nous, en nous et chez nous, Celui qui prie, avec toute cette gloire et ce rayonnement de l’amour divin des personnes divines déversé en nous, vers nous et chez nous par la grâce de l’Esprit. Il est au milieu de nous, comme il le dit Lui-même, comme joie divine et parfaite, et comme offrande permanente de la joie incréée à tous ceux qui croient en lui. Il est présent comme Celui qui dialogue avec le Père ; Il est le pontife suprême, Il assure la plénitude du sacerdoce au bénéfice des membres de son Corps, c’est-à-dire de nous. Nous attendons la venue de l’Esprit avec cette conscience de l’intercession du Fils !

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », le 5 juin 2022)
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