Le pré Carême –
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit ! Nous aimons tous, je crois, cet évangile : un homme comme vous et moi accueille le Christ avec amour… Ce récit historique d’un évènement dont une foule a été témoin est lu généralement dans l’office de bénédiction d’une demeure, parce qu’il rapporte l’accueil du Christ dans sa maison par un croyant. Et nous l’entendons également à l’orée du carême pascal : le « dimanche de Zachée » constitue une préparation à la belle quarantaine que nous attendons avec l’impatience habituelle. Depuis la Théophanie, notre cœur est rempli de la pensée du renouveau, de la conversion et de la participation à la vie de notre Seigneur et Maître le Christ Jésus !
L’impatience de connaître le Seigneur
En ce temps de pré carême, nous nous retrouvons d’abord dans l’impatience de Zachée : il grimpe dans un arbre « pour voir Jésus » ! Nous aussi, nous nous élançons par la pensée, par la prière, par la lecture à la rencontre du Seigneur. Nous aussi nous voudrions « voir Jésus » ! Ce désir de notre cœur est au fond la base de la vie de disciple. Les prières que nous entendrons au cours du saint Carême contiennent ce refrain : voir Dieu ! Contempler la lumière divine ! Voir le Seigneur comme le vit notre grand Moïse, sinon de face, au moins de dos. Et les enfants posent cette question, que nous entendons avec le plus grand sérieux : peut-on voir Dieu ? N’est-ce pas là le but de notre vie ? Est-ce que le saint Évangile ne présente pas plus d’une fois un aveugle qui reçoit la grâce de voir le Maître ?
Comment est-on rendu juste ?
Un deuxième appel résonne en nous quand nous entendons et écoutons de tout notre cœur ce récit : je veux dire l’appel à la justice. Qu’est-ce que la justice selon Dieu ? Qu’est-ce qu’un juste ? Comment est-on justifié ? Nous pensons au personnage du Publicain dans la parabole que nous allons entendre dans deux semaines : l’humble est justifié par son repentir. Dans l’évangile de ce jour, nous comprenons comment Zachée est digne de son nom de « juste ». Est-il justifié par sa conformité à la Loi ? – Non. Il devient juste pour deux raisons. D’une part, il accueille le Christ ; il laisse celui-ci venir chez lui. D’autre part, il se convertit ; il renonce à ses fautes. Il s’engage à rembourser ce qu’il a pris indûment et à donner « la moitié de ses biens » aux pauvres.
Le Royaume tout proche
Ce qui nous rend justes, c’est-à-dire agréables au Seigneur, proches de son cœur et fidèles à sa volonté c’est bien d’effectuer le changement, la « conversion » qu’Il a demandée au début de sa prédication, comme nous l’avons entendu après la Théophanie. Le Royaume est tout proche, à portée de main. Il est une familiarité du disciple avec le Maître. Le Royaume est l’habitation du Seigneur chez nous, quand Il vient y régner modestement comme Il le fait chez Zachée. Il est la présence en nous et parmi nous du Roi de la paix. Et Il ne vient pas parce que nous sommes justes : Il nous rend justes par sa présence quand nous changeons pour plaire à celui qui est tout proche, le Juste en personne