« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du 20ème dimanche après la Pentecôte : Luc 7, 11-16.

Résurrection de Lazare

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Le Verbe en action –

Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, dimanche dernier le Seigneur nous parlait et nous conduisait à agir selon la volonté du Père ; aujourd’hui, Il met Lui-même en action la volonté du Père qui est que tout homme soit sauvé et parvienne à la vie éternelle. Pourtant, tout en entrant dans l’action pour le Salut de son peuple et du monde entier, le Sauveur prononce deux paroles divines et même divino humaines : une parole de consolation et un appel à la vie éternelle.

Le scandale

Dire à une femme, à l’époque et dans le contexte sémitique et juif, à une veuve qui vient de perdre son seul soutien c’est-à-dire son fils, à une femme qui est en quelque sorte sinistrée du point de vue social, « ne pleure pas ! », c’est presque se moquer d’elle. Il se passe quelque chose de terrible ; on a presque honte d’entendre le Sauveur dire une chose pareille… Mais, où se cacher, où fuir devant un comportement aussi paradoxal que celui du Verbe venu parmi les hommes ? « Ne pleure pas ! » : nous rendons-nous compte de ce que cette parole a d’énorme ? Qui parmi nous oserait prononcer un conseil pareil ? Allez dire à votre voisine, qui est veuve et dont le grand garçon vient de mourir « ne pleure pas ! », vous verrez ce qui se passera : on vous criera dessus, on vous insultera, on vous fera taire…

La Résurrection

« Ne pleure pas ! », ose donc dire Celui qui est au milieu de nous. « Ne pleure pas ! », car Je suis la Résurrection. Ne pleure pas car ton fils ressuscitera, comme Il le dira à Marthe et Marie à propos de Lazare : ne pleure pas, car ton frère ressuscitera, Je suis la Résurrection et la Vie ! Le Seigneur a dû prononcer cette parole d’une façon extraordinaire, avec puissance, avec divinité, avec une compassion telle que c’était bouleversant et que personne n’a réagi. Il s’est montré compatissant comme le Père est compatissant, ce qu’Il nous enseignait la semaine dernière. Jésus est venu dans le monde comme image parfaite du Père, et c’est tellement impressionnant que personne ne bouge alors qu’Il prononce des mots presque insupportables.

Dieu est une mère pour nous

Et ce conseil paradoxal, « ne pleure pas », prononcé d’une voix si douce, si humaine, si tendre, si compatissante, si douloureusement compatissante pour la condition humaine déchue, cette parole trouve son sens dans l’autre parole, prononcée quelques secondes plus tard : « réveille-toi ! » « Je te le dis », c’est-à-dire, c’est Moi, le Créateur de tous les mondes, le Maître de la vie et de la mort avec le Père et l’Esprit, c’est Moi qui te le dis : réveille-toi ! Lève-toi ! Ressuscite immédiatement ! La douceur maternelle avec laquelle le Sauveur, ému comme une femme dans ses entrailles, s’approche du cercueil et du cadavre et de la douloureuse mère, culmine dans le commandement de résurrection.

La puissance de la douceur

Cela nous fait comprendre où se trouve la puissance pascale du Christ : dans la douceur. La douceur, l’humilité, la compassion, l’humanité vraie, l’attention maternelle, le charisme féminin sont plus forts que la mort. C’est par ce charisme féminin de tendresse que le Sauveur, pour une fois, risque le contact physique et « touche » le cercueil. Ce toucher divino humain prouve l’Incarnation. L’humanité de Jésus est pénétrée des énergies divines, elle irradie la grâce créatrice par laquelle l’amour divin agit dans le principe pour faire exister les mondes et les temps.

L’œuvre de l’Esprit

Et en ce temps après la Pentecôte, nous voyons de nos yeux comment le saint Esprit agit par la grâce qu’Il transmet de la part du Père au Verbe incarné. Celui-ci ne voudrait pas faire la volonté du Père sans la grâce de la faire que lui accorde l’Esprit de ce même Père. C’est par l’Esprit que le Verbe est venu dans le monde ; c’est par le même Esprit Consolateur que le Verbe se rend présent à ce monde blessé pour en panser les blessures, en parlant et en agissant avec la douceur de l’Esprit.

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 9 octobre 2022 )
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