« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du 4ème dimanche de Pâques : Jean 5, 1-15.

Pentecostaire

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Le culte nouveau –

Les évangiles du temps pascal ne correspondent pas à un déroulement chronologique. Jusqu’au dimanche de Thomas, nous suivons en temps réel les évènements historiques liés à la Passion du Verbe et Messie. Et ensuite, le livre du Pentecostaire et son lectionnaire nous introduisent progressivement dans le mystère du culte nouveau instauré par le Sauveur, le culte en Esprit et en Vérité. De dimanche en dimanche, les allusions à cette liturgie nouvelle sont nombreuses et nous invitent à approfondir notre expérience religieuse.

La personne et le culte

Dans l’évangile de ce jour, nous remarquons des signes liturgiques importants : l’architecture liturgique symbolisée par les portiques ; l’eau de la piscine qui indique le mystère du baptême ; la personne humaine, celle qui attend le Salut par immersion ; la personne divine du Verbe qui s’adresse à elle et sollicite sa liberté : « veux-tu avoir la santé ? » Telle est la structure de notre vie liturgique : une rencontre de personne à personne entourée de signes sacramentels. Et l’on remarque que l’architecture de l’édifice est secondaire, parce que le Christ suscite des temples de chair, des espaces cultuels constitués par l’homme lui-même, corps et âme.

Le Verbe rencontre l’homme

Le Christ est Celui qui rencontre l’homme et lui donne la vie, le mouvement et l’être, comme le dit l’apôtre Paul. Il économise même l’immersion et cet homme ne sera pas plongé dans l’eau pour trouver la santé de son âme et de son corps. C’est la parole du Créateur en personne qui le fait passer de l’inertie de la mort au mouvement de la vie. Nos sacrements si importants, notre culte si indispensable et si magnifique, notre prière, notre désir de vie – tout cela est petit devant la Personne divine elle-même. C’est Celle-ci qui crée, qui baptise, qui vivifie et qui sauve. Nous ne disons pas cela pour mépriser nos sacrements : mais ceux-ci ne sont pas des actes magiques ; ils ont leur fondement dans la rencontre des deux libertés, la liberté de la personne humaine et la liberté divine.

La parole créatrice

La Personne divine parle et vivifie par sa parole : « lève-toi ! Prends ton grabat ! Marche ! Ne pèche plus ! » Ces paroles sont proférées par le Même qui, dans le principe, dit à la lumière ! « Sois ! » Le culte de l’Église du Christ retentit de la parole créatrice de Celui-ci. Tout service liturgique, surtout la divine Liturgie, est centré sur la parole du Verbe. Une place éminente est celle du saint Évangile : il trône sur l’autel ; il s’avance dans la petite Entrée ou pour la lecture de matines ; il est au centre du baptême, de l’ordination et du couronnement qui comptent l’un et l’autre une triple procession autour de la Parole. Le culte en Esprit et en Vérité gravite autour de la vérité dite, proclamée, chantée, mémorisée, assimilée et puissamment créatrice. La parole de la Parole en personne, vivifie la personne créée et tout dans notre culte s’organise autour d’elle. Ce temps du Pentecostaire est vraiment celui du renouveau liturgique pour nous et nos paroisses.

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 15 mai 2022)
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