« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du 5ème dimanche après la Pentecôte : Matthieu 8, 28 à 9, 1 ; des Pères : Jean 17, 1-13

Saint Basile

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L’Église des Pères – 

Nous faisons mémoire aujourd’hui des saints Pères des conciles œcuméniques. Les chrétiens orthodoxes se présentent souvent comme l’Église des Pères. Nous terminons la célébration d’un office par cette prière : « par les prières de nos saints Pères, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, fais-nous miséricorde et sauve-nous : Amen ! » Ainsi, la vie de l’Église, et en elle, celle de nos familles et de nos propres personnes, se réfèrent-elles à la paternité charismatique des saints évêques. Nous ne nous rapportons pas à une institution humaine, à une administration religieuse ou à une académie de la vraie foi ! Nous nous référons à des pères, c’est-à-dire à des personnes qui ont le souci de nos personnes.

La bonté d’un père

Un père donne sa vie pour ses enfants. Il travaille et se fatigue pour qu’ils soient nourris, vêtus, logés et instruis. Il leur montre son amour ; il les prend dans ses bras, il les porte quand ils sont tout petits, il leur apprend à marcher ou à faire du vélo. Et surtout, il leur parle, il partage avec eux ce qu’il sait de la vie ; ce qu’il connaît de Dieu, de la communauté humaine et du monde entier. Je pense à un papa qui montrait à son fils les étoiles et leur apprenait leurs noms. Le père est celui qui donne la parole et qui nous apprend à vivre dans le monde sans perdre notre intégrité. A la campagne, il n’y a pas si longtemps, le père est celui qui coupait le pain à table pour la famille, après y avoir tracé un vigoureux signe de croix avec son couteau. Le père donne la parole comme un pain qui nourrit et qui fortifie.

Le charisme de la paternité

Ainsi vit l’Église. Le père, ou les pères, sont ceux qui se soucient du peuple de Dieu. On peut même dire qu’ils sont des témoins, ou des exemples de la paternité divine. Comme le faisait saint Jean Chrysostome, ils passent des nuits en prière pour leurs enfants. Le souci de leurs enfants, qui sont d’ailleurs plutôt les enfants de Dieu, ceux qui ont, par le saint baptême, reçu le Père céleste comme leur propre père, prend sur leur sommeil. Ils les nourrissent du pain de la parole divine en célébrant l’eucharistie et ils prêchent cette même parole par l’Esprit du Père. Bien plus, ils donnent l’exemple, par leur sainteté et la pureté de leur vie, par leur délicatesse, leur tendresse et leur amour. Le charisme de la paternité était déjà chez les saints apôtres, comme l’atteste saint Paul.

La tradition apostolique

Il y a toute une continuité de la personne divine du Christ, image parfaite du Père, aux apôtres et, par eux, à ceux à qui ils imposèrent les mains, les évêques qui, de génération en génération ont transmis jusqu’à nous de façon orale et écrite l’exemple, la vie et l’enseignement de Jésus Christ. Ainsi les saints Pères forment une chaîne ininterrompue qui relie chaque baptisé au Christ, et cette chaîne est appelée tradition apostolique, c’est-à-dire transmission, comme l’a bien expliqué saint Irénée. Bien entendu, nous avons, par le saint Esprit, une relation directe, une « ligne directe », avec le Père céleste, et cette ligne est la connexion par l’Esprit de communion ; elle est également la connexion qui se fait par le pain de la parole que nous donne le Fils et que nous consommons dans chaque célébration liturgique.

L’enseignement du Ressuscité

La tradition des Apôtres et des Pères est la force des chrétiens, parce qu’elle constitue, non une théorie, mais une expérience continuellement confirmée de l’amour de Dieu pour l’humanité. Notre culture évangélique est la culture patristique, parce que les Pères ont gardé l’interprétation juste que le Christ leur a laissée de ses propres enseignements. Saint Basile dit que c’est au cours des quarante jours qui suivirent la Résurrection que le Christ, apparaissant tous les jours, a transmis ce précieux dépôt de sa sagesse et de la façon dont Lui-même, en tant que Fils de Dieu, entendait la pensée du Père. Pensons à tout cela, quand nous disons : « par les prières de nos saints Pères… ».

(a.p. Marc-Antoine)
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