« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangiles du 4è dimanche de Carême : Marc 9, 17-32 et Matthieu 4, 25 à 5, 12

St Jean le Théologien

Partagez :

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

Les catéchumènes –

Le quatrième dimanche de Carême, nous faisons mémoire de saint Jean, abbé du mont Sinaï. L’évangile que nous venons d’entendre est proposé aux catéchumènes car, comme nous le savons, la sainte quarantaine est organisée principalement en vue du baptême. Ce qui le montre est ce récit d’un exorcisme, or nous savons l’importance de cet acte avant le baptême. Dans l’office qui prépare l’immersion, dit à la porte de l’église, trois exorcismes sont prononcés par l’Évêque et les prêtres, avant même la renonciation à Satan. Un autre élément de cet évangile qui peut stimuler les catéchumènes dans leur préparation est l’accent mis sur la foi. Sans la foi, il n’y aurait pas de baptême ; sans la foi, les rites seraient vides, formels ou magiques. La foi est la manifestation du saint Esprit attendue par le Verbe avant d’agir.

Puissance de la Résurrection

Dans les temps que nous vivons, persécutés par la pensée de la guerre, après l’expérience éprouvante de l’épidémie, l’exorcisme a sa place parce qu’il désigne dans le mal l’œuvre d’un artisan du mal, le Malin, dont nous demandons à être délivrés – autre forme d’exorcisme – dans la prière du Seigneur. Les deux fléaux que sont l’épidémie et la guerre ont leur origine métaphysique dans un artisan de division et de conflit, le père de la haine et du mensonge, le générateur de la peur qui asservit. Quand l’exorcisme est prononcé pour une personne avant le baptême, la puissance de l’injonction de l’Église unie à la puissance de la Croix est, avant même la Pâque du Sauveur, l’énergie de la Résurrection.

Exorciser le monde

Et cette puissance, ce pouvoir du Christ qui affirme avoir « tout pouvoir », irradient, au large de la personne du catéchumène, vers le monde et la Création tout entiers. C’est, entre autres, la raison pour laquelle, au moment de cette expulsion, la porte de l’église est ouverte et le catéchumène tourné vers l’extérieur. Nous ne pouvons pas traverser les grands fléaux la tête haute si nous ne gardons pas et ne fortifions pas notre foi, et si nous ne luttons pas activement, avec la puissance de la Croix, par le jeûne et la prière, contre l’instigateur du mal, de la souffrance et de la mort. Le spectacle de l’actualité nous montre la perversion du vrai en faux, du bien en mal – détournement satanique.

La citoyenneté chrétienne

La foi, le peu que nous en avons, est la puissance qui existe en synergie avec l’activité bienveillante et miséricordieuse du Verbe fait homme. Nous faisons nôtre la prière de ce papa qui demande à être secouru dans son incroyance. Nous prenons pour nous également l’appel au jeûne et à la prière pour exorciser le monde. Ici sont le contenu et l’énergie du carême. Nous faisons le carême pour nous-mêmes et pour le monde. Nous jeûnons pour nous-mêmes et pour le monde, à l’exemple des saints moines comme Jean Climaque. Les baptisés que nous sommes avons la capacité de porter le monde et ses catastrophes dans notre humble prière. C’est notre place citoyenne.

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 03.04.2022)
Derniers articles
Même sujet
Newsletter
Lettre d’information