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La confession, expérience du saint Esprit

L’expérience du miracle –

La confession est, comme tous les sacrements, l’expérience du miracle. Un sacrement est une action du Christ accomplissant la volonté du Père par l’Esprit saint en synergie avec la foi humaine. Le premier miracle est celui de l’indispensable foi : celle-ci est accordée miraculeusement par l’Esprit. Le deuxième miracle : que s’accomplisse en cette heure, pour toi, pour moi qui confessons nos fautes, la parole de Dieu – ce que tu délieras, pardonneras, sur terre, dit la Parole aux apôtres, sera délié et pardonné au ciel (Matt 16,19 ; Marc 2, 5 ; Luc 7, 48 ; Jean 20, 23). Le miracle de croire de tout son cœur le Seigneur sur parole est la clé de tous les autres miracles : ta foi t’a sauvé, dit souvent la Parole ou Verbe du Père. Une foi identique adhère à la parole « ceci est mon Corps ; ceci est mon Sang ». Par la  foi qu’inspire l’Esprit, nous croyons sur parole celui qui a scellé sa crédibilité en montant sur la Croix par amour pour les hommes, le Verbe du Père éternel.

La joie miraculeuse

La confession est également l’expérience de la joie. Incompréhensible est la miséricorde divine. On ne peut la connaître qu’en y étant initié par la démarche sacramentelle ou par une évidence intérieure donnée par le saint Esprit… L’aveu des fautes qui nous ont séparés du Christ et la communion au pardon préparé pour nous, ouvrent la porte de la joie. La confession débouche sur le banquet eucharistique, la communion au Corps et au Sang de la même Parole faite chair et homme. Le Verbe, la Parole du Père, s’est fait chair pour communiquer aux hommes sa joie par le saint Esprit, comme le disent les chapitres 15, 16 et 17 de l’Évangile selon saint Jean. L’expérience du miracle d’être pardonné fait que le sacrement de la confession produit chez le croyant les signes suivant : un visage radieux, un cœur en fête, le désir de se réjouir avec autrui, la guérison des passions égoïstes. Ces signes charismatiques attestent l’intervention de l’Esprit.

Le miracle du repentir

Personne ne peut produire de lui-même le repentir, comme personne ne peut engendrer la foi. Cela est donné par l’Esprit. Le repentir est une haine charismatique du péché qui te sépare du Christ et te conduit à la mort. Simultanément, tu te sens indiciblement aimé. Le repentir est un dégoût du péché allant jusqu’à la nausée. Il est proprement miraculeux parce qu’il est opéré dans la conscience de l’homme par le Verbe du Père et par la puissance de l’Esprit. Le repentir est un feu qui descend comme la foudre dans le cœur de l’homme et, au témoignage de saint Sophrone le Nouveau ou l’Athonite, le fait crier intérieurement ou extérieurement : « comment ai-je pu ? » Comment ai-je pu penser cela, dire cela, faire cela, omettre cela ? Seul le repentir délivre l’homme du péché, parce qu’il est une douleur intérieure qui fait que tu t’arraches au péché ou que tu arraches à jamais le péché de ton cœur. Le charisme du repentir forme le contenu essentiel du sacrement de l’absolution ou « confession », comme le montre la Vie de Dosithée transmise par saint Dorothée de Gaza. Si un homme connaît le repentir, il contribue au salut du monde.

Confession et psychologie

Le repentir fait la différence entre une démarche psychologique et la démarche de foi. Il consiste entre autres à reconnaître de façon fulgurante les fautes que, au préalable, l’Esprit saint a révélées à notre cœur sincère. Nous les reconnaissons et disons : c’est vrai, voilà ce que j’ai fait. Nous apportons au Seigneur l’offrande du « cœur brisé » dont parle David dans son psaume 50. Une démarche psychologique peut être utile. Seul le repentir te situe devant le Seigneur pour lui demander pardon avec larmes. Seul le repentir te fait passer de la culpabilité à la responsabilité royale. Par ailleurs, seul l’évêque ou le prêtre est compétent pour dire la prière d’absolution par la grâce du Christ Seigneur. Le psychothérapeute accompagne ; il ne pardonne pas. Le repentir n’est pas une introspection ; il vient quand une lumière charismatique fond sur le cœur conscient de l’homme et le terrasse par l’horreur de ce qu’il a commis – ce qui arriva à David, le premier qui, dans l’histoire humaine, connut le repentir.

Le repos de l’Esprit

Le sacrement de la confession est encore l’expérience de la grâce du saint Esprit reposant comme une colombe à la fois sur le pénitent et sur le confesseur. Il n’y a pas d’inégalité entre ceux-ci. Un pécheur se confesse à Dieu en présence d’un autre pécheur. Saint Ambroise de Milan, dans son traité sur La Pénitence, dit que le confesseur avoue à l’intérieur de lui-même : je suis plus pécheur que cette personne ! La grâce du saint Esprit se manifeste chez le confesseur par un sentiment d’humilité, d’extrême petitesse à côté du pénitent. L’Esprit repose sur les deux. Au pénitent il inspire la douleur et la joie du repentir ; au confesseur il donne l’humble amour pour ce frère ou cette sœur qui se réconcilie avec le Seigneur. Une grâce prophétique est souvent accordée, celle de recevoir une parole de vie qui aidera ce frère ou cette sœur. L’Esprit, non les livres, nous instruit. Le confesseur parle selon l’Esprit. Impressionnantes sont les révélations qui sont faites dans le cadre de la confession, et qui font que le prêtre sort de la confession le cœur et l’intelligence illuminés par ce que l’Esprit a inspiré au pénitent et à lui-même. Les prêtres apprennent beaucoup dans la confession.

(a.p. M.-A., catéchèse Bordeaux 20.01.21 ; résumé)

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