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L’enseignement dans l’Eglise

Les actes divins –

Dans la Bible – la Parole – l’enseignement est envisagé comme narration et mémorisation des actes que le Seigneur accomplit en faveur de la Création, de l’humanité et en particulier de son peuple. L’enseignement est, non une explication, mais la transmission d’une information, d’une nouvelle. La Bible est, en ce sens, un livre d’histoire : histoire de la Création, histoire de la relation de Dieu avec celle-ci et avec les hommes. Elle est une théologie de l’Histoire parce qu’elle envisage les évènements historiques dans le cadre du dialogue de Dieu et de l’homme. C’est l’« histoire sainte ».

Raconter

Notre catéchèse, et le catéchisme que nous préparons pour nos enfants, se situent dans le prolongement de ce récit continuel des actions de Dieu. On en trouve l’indication dans la parole que le Christ adresse à celui qui était possédé : « ‘Retourne chez toi et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi’. Il s’en alla et publia par la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui » (Luc 8, 39). Le saint Évangile rapporte ce que le Seigneur Jésus a dit et fait ; les « Actes des apôtres » portent bien leur nom : ils rapportent ce que les premiers baptisés ont fait. On est dans le domaine, non des idées ou des valeurs, mais dans celui des faits.

La méthode des psaumes

Plusieurs psaumes disent comment enseigner. « Ce que nous avions entendu, nous l’avons connu, et nos pères nous l’ont raconté. Ils ne l’ont pas caché à leurs enfants, pour qu’ils le transmettent à une autre génération. Ils ont publié les louanges du Seigneur, ses hauts faits et les merveilles qu’Il accomplit. […] Il a prescrit à nos pères d’en instruire leurs fils, afin que la génération suivante l’apprenne, les enfants qui naîtront ; et qu’ils se lèvent et le racontent à leurs fils ; pour qu’ils mettent en Dieu leur espérance ; pour qu’ils n’oublient pas les oeuvre de Dieu et qu’ils observent ses commandements » (Ps. 77, 3-7).

Des faits !

Notre foi n’est pas une philosophie ou une idéologie ; elle n’est pas une morale ; elle est d’abord la foi en ce qui nous est dit des actions divines. Le prophète, le théologien, le catéchète, le parent ou le parrain disent ce qui est : ils disent la vérité sur Dieu, sur le monde et sur l’homme. Ils doivent pouvoir « publier des réalités cachées depuis le commencement » (Ps. 77, 2), comme le fait le saint apôtre et évangéliste Jean le Nouveau Théologien dans le prologue de l’évangile qu’il a rédigé.

L’affirmation

« Dans le principe, le Verbe est ! Le Verbe est tourné vers Dieu. Le Verbe est Dieu. Il est dans le principe tourné vers Dieu. Tout est advenu par lui […] Il s’est fait chair et Il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire ! » (Jean 1, 1-3 ; 14). La Parole témoigne de faits. Elle dit la  vérité. Elle ne raconte pas des histoires : elle dit l’Histoire, celle de l’humanité en relation avec la Divinité. « De génération en génération ma bouche annoncera ta vérité », dit encore le Prophète (Ps. 88, 2)

Louer le Nom du Seigneur !

L’enseignement de la Foi consiste ainsi à  louer le Nom du Très-Haut en raison de ses œuvres. « D’âge en âge on louera tes œuvres et on annoncera ta puissance » (144, 4). « On parlera de la splendeur de gloire de ta sainteté, et on racontera tes merveilles ; on dira la puissance de tes gestes redoutables… » (6). La force de l’enseignement est dans la continuité avec le témoignage biblique. Notre dogme, notre théologie, notre catéchèse, ne sont pas des discours humains, ou des théories humaines au sujet de la divinité. Ce sont essentiellement des témoignages de foi cohérents avec les témoignages antérieurs de foi et de vie.

La prière de foi

Et notre propre expérience se situe dans cette continuité : de même que Tu as guéri la fille de la Cananéenne, guéris maintenant, nous t’en prions, tes serviteurs !, disent nos prières enracinées dans l’Histoire. Toi qui fus présent à Cana, rends-toi maintenant présent, dit toujours la prière pour fonder l’action sacramentelle.

L’enracinement biblique

Ainsi, notre enseignement, nos sacrements, notre calendrier liturgique, nos rites, nos célébrations sont-ils fondamentalement bibliques, bibliquement enracinés dans l’histoire du Salut. N’ayons pas peur de poser des affirmations devant nos enfants ; n’ayons pas peur de témoigner et d’attester. Les saintes myrrhophores le firent : elles attestèrent un fait – le fait de la Résurrection.