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La mort : un tabou ?

Occulter la mort –

La mort est « interdite » (B. Vergely). On en parle le moins possible. On l’occulte le plus possible. L’incinération fait vite disparaître le cadavre : on osait à peine le toucher… Les offices se sécularisent. L’affiche montre des corps d’immortels. Jeune et beau, notre contemporain est un consommateur de rêve. Avec l’été, il pense oublier qu’il est mortel : le plaisir, les distractions, les séductions y contribuent. Le tabou de la mort a remplacé celui du sexe.

Le Christ transfigure la mort

Il a fait de la mort le « mystère » de sa propre présence vivifiante. La foi chrétienne glorifie celui qui a voulu mourir par amour : Il est ressuscité, et Il exalte à la droite du Père son corps divinisé. Il transfigure le « corps de mort » en « corps de gloire » (O. Clément). La mort n’est pas anonyme : elle est celle d’une personne, la Personne divine de Jésus ou la personne humaine, transcendant la mort, de celui qui s’endort dans la foi. Le tabou est aboli à jamais ; pour la foi, il n’est pas de tabou. La Résurrection est à l’avant d’un monde où la mort fait encore peur. Le chrétien n’a pas peur.

L’honneur rendu aux défunts

Ils sont présentés à visage découvert, pendant la veillée, jusqu’au troisième jour, ainsi que dans le cercueil, fermé seulement à l’issue de l’office à l’église. La mort n’est pas belle en elle-même, mais ceux qui sont morts dans la foi sont beaux : la paix et la confiance éclairent leur face, telle l’icône d’eux-mêmes. Les fidèles embrassent leur main et bénissent leur corps parfumé et revêtu de la robe baptismale, ou d’un vêtement de fête. Le prêtre et le diacre encensent en eux « l’âme vivante » (Gen. 2,7), « image immortelle de Dieu » (P. D. Stàniloae), la présence du Fils de Dieu incarné en toute humanité.

La « mémoire éternelle »

Ainsi chante la liturgie des défunts : mémoire de la Communauté et de la famille, qui entretient la communion avec la personne endormie ; mémoire du Seigneur, qui se souvient de chacun de nous, toujours prêt à nous reconnaître en ce monde et dans le monde qui vient. La « mémoire » divine et humaine prépare l’ultime Jugement miséricordieux et redoutable. Non seulement la mort n’est pas « interdite », mais il est permis de mourir avec foi, espérance et sagesse, nourri par toute une vie de communion à l’amour ineffable du Seigneur Jésus.

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