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À quoi sert l’Église ?

À cette question, posée par plusieurs, et que certains se posent dans le for intérieur de leur conscience, on trouve quelques réponses dans un livre que nous aurions avantage à (re) lire : Sa vie est la mienne, de l’archimandrite Sophrony (Cerf, Paris, 1977). Voici par exemple ce qu’écrit le starets.

« Nos pères dans l’Église et les Apôtres qui nous apprirent à honorer le Dieu véritable, étaient conscients que l’Esprit divin dépasse toutes les institutions terrestres, et que ce même Esprit se construit néanmoins une habitation de nature tangible qui serve de réceptacle pour préserver ses dons. Cette demeure du Saint-Esprit, c’est l’Église. À travers des siècles de tempêtes et de violences, elle a conservé le précieux trésor de la Vérité révélée par Dieu […] ‘Le Seigneur est cet Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté […]. Apercevant […] la gloire du Seigneur, nous sommes changés en cette même image de gloire en gloire’ (2 Co 3, 17-18).

La mission de l’Église est de conduire les fidèles à la sphère lumineuse de l’Être divin. L’Église est le centre, le cœur spirituel du monde, elle englobe toute l’histoire de l’homme. Ceux qui, dans un long effort ascétique pour respecter les préceptes de l’Évangile, sont devenus conscients de leur liberté d’enfants de Dieu, ne se sentent plus entravés par les traditions formelles – ils peuvent, sans conflit, respecter les coutumes et les observances communes. Ils ont l’exemple du Christ qui garda les commandements de son Père sans transgresser la Loi de Moïse avec tous ses ‘fardeaux lourds à porter’ (Lc 11, 46).

En Christ et par la venue de l’Esprit saint, Dieu nous donna la révélation pleine et définitive de lui-même. Maintenant, son Être est pour nous la Réalité première, incomparablement plus évidente que tous les phénomènes transitoires de ce monde. Nous sentons sa présence divine à la fois en nous et hors de nous : dans la sublime majesté de l’univers, dans le visage humain, dans l’éclair foudroyant de la pensée. Il ouvre nos yeux afin que nous puissions contempler la beauté de sa création et nous en réjouir. Il remplit nos âmes d’amour envers toute l’humanité. Sa venue, d’une indescriptible douceur, perce notre cœur. Et à l’heure où son impérissable Lumière l’illumine, nous savons que nous ne mourrons pas. Nous le savons d’une connaissance impossible à prouver selon les méthodes ordinaires, mais qui, pour nous, ne nécessite nulle preuve, car l’Esprit Lui-même en porte témoignage au-dedans de nous » (p. 22-23).