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Comment faire pour purifier mon cœur?

Acquérir le repentir –

Cela dépend essentiellement de l’acquisition du repentir qui est une haine douloureuse de tout ce qui nous sépare du Christ et de son amour. Tant que nous ne haïssons pas cela, tant que nous n’y pensons pas avec horreur et avec un sentiment de deuil, voire avec larmes, la purification n’est pas possible. Celui qui ne hait pas son péché en est généralement complice. Cela ne sert à rien de chercher à se débarrasser de quelque chose que l’on tient par ailleurs !

Révéler ses pensées

La méthode suivie par les saints ascètes consiste d’abord à confesser et révéler très souvent ses pensées avec la plus grande précision (cf. Luc 2, 35): tel jour, à telle heure, dans telle circonstances, j’ai telle pensée qui me vient. La généralité ne servirait à rien. Il nous aide beaucoup de les inscrire sur un support, en les nommant avec exactitude – appeler un chat, un chat ! Cette méthode aide la vigilance et le discernement. La vérité libère, dit le Christ (Jn 8, 32). C’est une des façons de faire entrer les suggestions dans la sphère du conscient. Ce qui souille notre cœur, c’est ce qui est occulté (cf. Matt. 15, 11) et qui finit par déborder dans des pensées, des paroles et des actes qui nous surprennent ou nous font honte(Matt. 12, 34 ; 15, 18-19 et18, 35).

La Prière du cœur

Un autre moyen de purifier notre cœur jusqu’au fond consiste à dire la Prière du cœur avec sincérité. Notre volonté de prononcer la prière sans distraction, d’arriver ainsi à la prière pure, fait que nous voyons arriver les pensées et que nous pouvons ainsi les identifier. De plus, la recherche continuelle de la sincérité aide à purifier le cœur de l’hypocrisie, de la vanité et d’autres illusions liées à l’amour de soi. Ce qui souille le plus le cœur, c’est l’amour immodéré, exclusif et préférentiel de soi. Quand nous cherchons à prier sans distraction et de tout notre cœur, il nous est quelquefois donné par le saint Esprit une saine affliction : celle-ci pourra produire des larmes purificatrices.

Pensées intérieures et extérieures

Très difficile, à vrai dire presque impossible si l’Esprit ne nous éclaire, est le discernement des pensées qui sortent du cœur et celles qui viennent de l’extérieur de celui-ci. Généralement, les premières se reconnaissent au fait qu’elles sont habituelles, réflexes, et liées à des souvenirs. Elles font en quelque sorte partie de notre vie, elles sous sont familières, nous les reconnaissons, et nous tendrions même à nous résigner et à les accepter, à tort, comme faisant partie de notre nature. D’autres pensées ou suggestions sont hétérogènes et proviennent de l’extérieur de notre cœur conscient. Elles sont émises par le Malin, l’ennemi du genre humain. Le meilleur exemple que nous pouvons en donner est celui du Christ au désert. Étant sans péché, aucune pensée souillée ne pouvait surgir de son cœur humain déifié. Les trois tentations qui se présentèrent à lui sont donc, comme l’enseigne du reste le saint Évangile, émise par un esprit extérieur et pervers. En résumé, au contraire de ce que l’on pense quelquefois, toutes les pensées ne surgissent pas de notre inconscient ; mais c’est le cas des premières dont venons de parler.

L’amour du prochain

Notre cœur gagnera beaucoup en pureté si nous pratiquons avec amour le service des frères. Pourquoi ? – parce que le dévouement au prochain, encore plus que notre consécration à Dieu, débusque toutes les formes d’égoïsme, de vanité, de domination, de luxure et d’intérêt propre. Plus nous gagnerons pour notre prochain un amour désintéressé et inconditionnel, plus ce sera pour nous l’attestation que notre cœur n’est pas loin d’être purifié. En fait, l’acquisition de l’amour pour Dieu et pour le prochain, surtout de l’amour du Christ pour son Père et pour ses frères, purifie totalement notre cœur. C’est pourquoi il est dit que les cœurs purs verront Dieu : ils verront celui qu’ils aiment, en Personne, ou dans la personne de leur frère. Une telle vision aimante est la preuve indiscutable de la pureté de cœur.

Demander à Dieu

Nous ne pouvons pas nous purifier nous-mêmes, reconnaissons-le : ce qui est impur ne purifie pas ; ce n’est pas avec une éponge sale que vous rendrez à votre évier l’éclat du neuf. Que faire ? – eh bien, demander à Dieu cette pureté du cœur, comme le fait David en son psaume (cf Ps 50). Il ne dit même pas « donne-moi un cœur pur » ; il dit : « crée en moi un cœur pur ». L’action que nous attendons de Dieu est absolue. Il peut susciter en nous, à partir de rien, à partir de nos souillures nauséabondes comme la corruption de Lazare, une pureté éclatante, celle du sceau de son image, dans laquelle, avec un parfum inexprimable, se réfracte la pure lumière de l’Esprit saint.

Haïr son mal

Enfin, apprenons à à haïr toute pensée contraire à la volonté de Dieu, comme l’enseigne encore David. Lisons le saint Évangile, surtout les chapitres 5, 6 et 7 de Saint-Matthieu et confrontons-y notre vie comme à un miroir. Ce qui est incompatible avec le message du Sauveur, détestons-le de toutes nos forces : c’est un poison mortel et le plaisir que nous y prenons en fait une addiction. Haïssons le péché. Vomissons le péché. Aspirons à des journées et à des soirées sans péché, comme nous l’enseigne la Liturgie.

Accueillir l’humiliation

Ce qui fera briller notre cœur d’un bel éclat, et l’astiquera comme on le fait pour certains objets précieux, sera l’accueil avec joie, éventuellement avec humour, avec gratitude en tout cas, des épreuves, des humiliations et de l’injustice. Considérons comme des amis et des alliées ceux qui nous les infligent directement ou par qui elles nous parviennent. En effet, ces médecines sont propres à soigner, et bientôt à guérir, toute considération illusoire de nous-mêmes, et tout attachement à des pensées habituelles, entretenues depuis l’enfance, liées à l’éducation, à la culture et au milieu social, et qui nous souillent d’autant plus que nous nous identifions à elles. Les épreuves dont nous parlons permettent de discerner ce qui n’est ni juste ni honnête dans notre cœur ; ce qui le trouble ; ce qui entretient mélange, confusion, duplicité (cf. Sir 28, 15). Ce qui est pur, c’est ce qui est sans mélange ; c’est pourquoi la Parole prescrit d’offrir à Dieu des agneaux immaculés, sans tache et d’une blancheur sans ombre (cf. Gen 31, 8).