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Dieu en 3 D…

Père, Fils et saint Esprit –

Nous ne définissons pas la Divinité. Nous ne la comprenons pas. Nous l’aimons ; nous la glorifions et nous la célébrons. Les baptisés sont immergés au Nom du Père, du Fils et de saint Esprit. Toute leur vie est rythmée par la glorification, associée au signe de la Croix, du Seigneur unique en trois personnes ou « hypostases ». Les offices de l’Église résonnent continuellement du plus beau des refrains, pour conclure les prières (« ekphonèse ») ou trouver sa place entre elles : « Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit ! ».

L’enseignement du Maître

Notre Maître est Jésus, appelé Christ, c’est-à-dire Messie, et Seigneur, c’est-à-dire Dieu : Seigneur (le grec « Kyrios ») traduit l’hébreu Adonaï qui lui-même traduit l’indicible YAHWE. Or, notre Maître et Sauveur Jésus Christ, lors de son immersion dans le Jourdain par le Précurseur, a été révélé comme le Fils unique de Dieu (Matthieu 3, 16-17 ; Marc 1, 9-11 ; Luc 3, 21-22 ; Jean 1, 32-34). De nombreux passages du saint Évangile attestent sa divinité, par exemple la confession de foi de l’apôtre Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (cf. Marc 8, 29 ; Luc 9, 20 ; Jean 6, 68-69), ou le discours adressé par le Fils au Père (Jean 17). Le Sauveur Lui-même a eu l’humble audace de se désigner comme Fils de Dieu (Jean 5, 18 ; 10, 30, 33, 36, 38). Or qui dit « fils » dit « père » : c’est la révélation de la communion des personnes divines ou « unité hypostatique ».

L’Esprit est Seigneur

L’Esprit, présent au baptême du Fils de Dieu, est nommé et annoncé fréquemment par le Fils comme Paraclet, c’est-à-dire Consolateur, Pédagogue ou Avocat : Il « jaillit du Père » (Jean 7, 37-39 ; 14, 16-17 ; 15, 26 ; 16, 5-15) ; le Fils parle souvent de son œuvre (Jean 3, 1-21 ; 4, 10 : l’entretien avec la Samaritaine), qu’annonce également le Prologue (Jean 1). C’est donc le Verbe incarné Lui-même qui a révélé la communion du Père, du Fils et du saint Esprit que nous glorifions comme un seul Dieu. Les épîtres de saint Paul témoignent magnifiquement de la divinité de l’Esprit, qui est, à juste titre, nommé Seigneur dans le Symbole de la Foi. Seigneur est le Père ; Seigneur est le Fils ; Seigneur est l’Esprit ! Trinité sainte, gloire à toi !

Les saints prophètes

Le Maître dit : « scrutez les Écritures… : elles rendent témoignage à mon sujet » (Jean 5, 39) et Il montre dans la Loi et les Prophètes tout ce qui le concerne (Luc 24, 27). Selon l’optique biblique, le Verbe apparaît dans toute l’Histoire universelle. Et l’Esprit ? – Il « a parlé par les prophètes », dit le Symbole. La Tradition apostolique et patristique voit le Père, le Fils et le saint Esprit à l’œuvre dès la Genèse : dans la création de l’univers visible et invisible (Genèse 1, 2-3 : « l’Esprit de Dieu planait sur les eaux… et Dieu parle… ») ; dans le modelage de l’homme – où l’union du pluriel et du singulier montre la communion des personnes ou hypostases divines – et dans la visite à Abraham de trois anges (Genèse 18, 1-15) auxquels il s’adressa au singulier et offrit son hospitalité.

D’autres manifestations du Verbe et de l’Esprit se trouvent dans le livre de l’Exode, par exemple, où la Nuée signifie l’Esprit qui guide le Peuple, et où le Fils parle à Moïse pour lui dicter la Loi. Ce même Verbe lui avait parlé du milieu du buisson non consumé et qu’embrasait l’Esprit. Écoutons les psaumes (104 p. ex.), les prophètes (Ézéchiel 1, 12, 20 ; 3, 12 ; 36, 27) : nous y entendons la présence du Père et du Fils et du saint Esprit…

Le culte de l’Église

Il est composé de phrases et d’expressions tirées de la parole de Dieu ; il est la version liturgique de la Bible. Il comporte également de nombreuses compositions théologiques dues aux saints Pères, qui ont consigné l’enseignement du Christ, des Apôtres et des Pères, proclamé par les sept saints conciles universels (ou « œcuméniques »). En plus de la divine liturgie qui s’ouvre par « Béni est le Royaume du Père et du Fils et du saint Esprit ! », pensons à la magnifique louange de la Doxologie – le Gloria –, une des prières les plus anciennes de l’Église et qui célèbre explicitement le Père, le Fils et le saint Esprit. Ceux-ci diffèrent d’une triade car ils ne font pas nombre : il n’y a pas trois dieux ! Le Trois est le chiffre de leur diversité, comme le chante l’office de la Théophanie.

En résumé

De la sainte Écriture, des prières de l’Église, des décisions des saints conciles, de l’enseignement des saints Pères (saint Jean Damascène, saint Hilaire de Poitiers, par exemple), il ressort les thèmes suivants de glorification des personnes divines : la triple dimension ou profondeur de la Divinité – Dieu en 3 D ! – soulignée par l’apôtre Paul : largeur, longueur, profondeur (Éphésiens 3, 14-19). Mais ce ne sont pas des modalités de la Divinité : ce sont ici des personnes, des sujets, trois Je : « Je suis ! Je suis ! Je suis ! », dit à Moïse le Seigneur (Exode 3, 14) ; triple subjectivité ; Sujet unique en 3 D ! L’unité divine est absolue et absolue sa diversité.

Par une vision « stéréoscopique », en quelque sorte, nous voyons les hypostases s’interpénétrer (« périchorèse », cf. Jean 10, 38) dans la transparence l’une à l’autre ; elles sont en relation externe et en communion interne ; on contemple en celle-ci une antinomie de la nature et de la personne ; la volonté des Trois est unique ; le Père est l’unique source de la divinité ainsi que du Verbe et de l’Esprit ; le Fils est l’unique manifestation du Père et de l’Esprit ; l’Esprit, la puissance unique du Père et du Fils, leur  « communion » et la joie de leur amour mutuel ; le Père, le Fils et l’Esprit sont glorifiés au ciel (plan théologique) et sur la terre (plan de l’économie ou action divine) ; des énergies divines incréées procèdent du Père et sont transmises par le Verbe et par l’Esprit ; le Fils obéit à l’Esprit du Père (par sa conception et sa mission) ; l’Esprit obéit au Fils qui l’exhale vers les Apôtres et qui l’envoie dans l’Église et dans le monde…