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J’ai du mal à prier : pouvez-vous m’aider ?

Un désir naturel –

Vous voudriez prier, il est beau qu’un être humain veuille prier! En fait, c’est normal; cela veut dire qu’une personne humaine se demande comment accomplir le désir de son cœur : comment se livrer à l’activité la plus naturelle du monde ? Il est naturel à l’homme de prier parce que, au principe de tout, l’homme a reçu de son Créateur une affinité particulière avec lui dans le souffle ou esprit qu’Il a insufflé dans sa face, dans ses narines. Le Créateur a donné à l’homme, comme Il ne l’a fait pour aucune autre créature, de respirer de son propre souffle; nous avons naturellement avec Dieu une respiration commune.

Le dialogue

D’autre part, nous voyons que, au Paradis, le Seigneur s’adressait à l’homme comme à son interlocuteur et à son partenaire naturel, ce qu’Il ne fit, à notre connaissance, pour aucune autre créature. Il est vrai que nous ne savons rien du dialogue que Dieu a pu instaurer dès le principe avec les anges. Toujours est-il que la conversation, dans une commune respiration, de l’homme avec Dieu est ce qu’il y a de plus naturel au monde. La bouche de l’homme et l’oreille de Dieu sont faites pour s’entendre. Notre bouche est faite pour le baiser divin et pour la nourriture divine, comme le montre la prière la plus haute que l’homme puisse adresser à son Créateur, la prière eucharistique. La bouche humaine est en forme d’oreille et nos oreilles ont la forme de lèvres, pour entendre la parole de Dieu et s’en nourrir.

Une montagne

Mais alors, pourquoi avons-nous si souvent du mal à prier? Pourquoi cette montagne à soulever quand l’heure de la prière arrive? Pourquoi devons-nous nous forcer bien souvent pour accomplir ce qu’il y a de si naturel? La vérité est que nous avons perdu notre état de nature : la difficulté à prier est le symptôme d’une existence dénaturée. Notre péché nous oriente vers nous-mêmes et toutes sortes de satisfactions égoïstes; l’égocentrisme nous ferme au dialogue, non seulement avec le Seigneur, mais avec le prochain et avec les créatures. Et notre respiration, en raison des diverses passions qui secouent notre âme, devient saccadée; nous ne savons souvent plus respirer; nous perdons vite souffle; nous ne savons plus ce que c’est que de respirer de l’haleine divine, nous avons perdu la familiarité divine. D’autres raisons sont secondaires: l’ignorance, le manque de méthode sont également le symptôme de notre déchéance.

L’Incarnation du Fils de Dieu

Le Seigneur s’est fait homme pour nous rendre le souffle naturel et nous donner même la plénitude de ce Souffle, de cet Esprit qui a sa source dans le Père. Jésus Christ est venu dans le monde et Il nous a, non seulement appris à prier, comme notre Maître, mais nous a donné la grâce de la prière. Il nous a appris à dire, à balbutier comme des commençants, comme des bébés spirituels “notre Père!”, “Papa de nous!” Il nous a donné le principe et l’essentiel de la prière: appeler Dieu de façon toute simple, toute naturelle, comme un enfant appelle son parent.

L’envie de prier

Dans notre cœur, nous sentons l’envie de prier: c’est le signe que la grâce paradisiaque est encore présente et que l’Esprit saint veut nous conduire vers le Père par le Fils! Disons Oui à cet appel. On ne se force pas à prier! On choisit, on décide, on veut librement répondre à une douce invitation intérieur ou bien, quelquefois, à une urgence: l’urgence de remercier; l’urgence de supplier; l’urgence de célébrer ou de crier vers le Père comme le Fils nous l’a appris et montré. Le mieux est toujours de procéder de façon naturelle, car l’état de nature, s’il a été perdu, a été retrouvé par la venue du Fils de Dieu dans le monde et nous en jouissons dans tous les sacrements, à commencer par le saint baptême. Il suffit de vouloir et surtout de croire que le Père est là: Il nous appelle par son Esprit; Il nous entend; Il nous conduit vers son Fils pour être nous aussi des fils et des filles qui lui parlent et avec qui Il parle. Il n’y a pas de règle extérieure; il y a une motion intérieure, celle de l’Esprit; obéissons à l’appel de l’Esprit qui en nous crie, ou dit, ou supplie, ou remercie en prononçant le nom de “Père”.