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L’humilité : qu’est-ce à dire ?

L’humilité est ce qui est de plus nécessaire au Salut.Mais Dieu seul est humble par nature, amour absolu, pure tendresse pour autrui, sans affirmation de soi ni domination. Il est le Roi dont le pouvoir royal est celui de l’humble amour.

La gloire de Dieu … –

Une fausse humilité est le dénigrement de soi devant autrui ou par comparaison à lui. La vraie est devant Dieu seul, en lui-même ou présent dans notre prochain. L’orgueilleux se déifie lui-même, pense supplanter Dieu – faute luciférienne : elle ne nie pas Dieu, elle veut le détrôner.

L’humble, comme saint Paul (2 Corinthiens 11, 31-12, 9), glorifie Dieu et se glorifie en lui, pour son activité en lui, et la manifestation de sa force dans sa faiblesse. La glorieuse humilité est l’oubli de soi en Dieu, l’hommage rendu à l’incommensurable transcendance divine. Elle est témoignée par la Mère de Dieu, plus humble que les chérubins : « Mon âme magnifie le Seigneur… Il a fait pour moi des merveilles ! ». Mère Siluana disait que l’humilité consiste à dire, et à penser : « je ne suis pas Dieu ! ». Le nom de Michel – Mikaël – signifie « qui est comme Dieu ? » (Dictionnaire des noms propres de la Bible, Paris, 1978). C’est pourquoi l’Archange de l’humilité est vainqueur de Satan l’Orgueilleux (Apocalypse 12, 7-12).

Acquérir l’humilité

Non en imitant Dieu de l’extérieur de façon servile, mais en s’unissant à lui par la foi, la prière et l’obéissance à ses commandements, l’être humain peut acquérir l’humilité : il participera ainsi, par la grâce du saint Esprit, au mode divin d’exister. Il peut atteindre la ressemblance promise au Paradis en s’assimilant véritablement au Seigneur, en communiant à son être, en unissant sa personne humaine à la personne divine par tout son amour pour elle.

Selon les Pères (Dorothée, Séraphim, Silouane), l’humilité est proportionnée à notre présence devant Dieu. Plus nous sommes proches de lui, plus nous nous sentons petits et radicalement autres que lui. Les saints, déifiés par la grâce, ont la conscience maximale qu’ils sont des créatures et ils glorifient la miséricorde.

Le chemin de l’humilité comporte l’amour pour les ennemis, puissance de l’humilité divine. Cet amour touche l’ennemi au cœur, à l’esprit d’orgueil qui l’anime. Les saints aiment leurs ennemis parce que ceux-ci, en les humiliant, les détrônent de l’orgueil, de l’auto divinisation, racine de tous les maux. Et l’humble ne peut plus être humilié ! Il est invulnérable. Il n’a plus peur de la mort. La vision et le souvenir de nos péchés contribue beaucoup à cette acquisition : le repentir est une humiliation volontaire devant Dieu seul.

La proximité de Dieu dans les sacrements, surtout la sainte eucharistie, nous confère l’humilité. On n’est jamais plus proche de Dieu que lorsque l’on communie à lui : on le touche, on boit son sang, on mange son corps, on a embrassé son icône, sa croix et son Évangile – comment ne pas être humble si l’on a conscience de cette proximité et de cette intimité maximales avec le Seigneur ? En se faisant Homme, Dieu a révélé son humilité foncière et Il nous l’a communiquée pour que nous en jouissions et que, par elle, nous soyons à la Droite du Père, par la grâce de l’humble Esprit, avec l’humble Fils et en celui-ci…