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La question du mal – archimandrite Sophrony

« Au début, nous prions pour nous-mêmes ; mais quand, par le saint Esprit, Dieu nous donne l’intelligence, notre prière prend des dimensions cosmiques. Alors quand nous disons ‘Notre Père’, nous pensons à toute l’humanité et nous demandons la plénitude de grâce pour tous comme pour nous-mêmes. Que ton Nom soit sanctifié par les hommes. Que ton règne vienne sur tous les peuples, que ta vie divine puisse devenir leur vie. Que ta volonté soit faite : seule, ta volonté les unit tous dans leur amour pour toi. Délivre-nous du Malin – du ‘meurtrier’ (Jn 8, 44) qui, de toutes parts, sème la haine et la mort. (Selon notre interprétation  chrétienne, le mal – comme le bien – se trouve exactement là où existe un mode d’être personnel. Sans ce mode personnel, il n’y aurait pas de mal, mais seulement des processus soumis à un déterminisme naturel.)

Le problème du mal dans le monde, en général, et dans l’humanité, en particulier, soulève la question de la participation de Dieu à la vie historique de la race humaine. Beaucoup perdent leur foi parce qu’il leur semble que si Dieu existait, il ne saurait y avoir un tel déchaînement du mal et on ne se heurterait pas presque partout au spectacle de souffrances privées de sens. Ils oublient que Dieu respecte la liberté de l’homme, liberté qui est le principe fondamental de la création ‘à l’image de Dieu’. Pour le Créateur, intervenir quand l’homme incline vers le mal équivaudrait à le priver de sa possibilité d’autodétermination et le mutilerait complètement. Mais Dieu peut sauver, et Il sauve vraiment, les individus et les nations quand ils marchent sur le chemin qu’Il indique »

(« Sa vie est la mienne », Cerf, ‘Témoins spirituels d’aujourd’hui’, Paris, 1981, p. 79-80)