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La Toute-sainte

L’humanité de la Mère de Dieu – 

L’humanité de la Vierge est toute l’humanité, non une part de l’humanité : c’est la nature humaine dans sa totalité parce que c’est la nature hypostasiée (assumée par la personne) par le Verbe et il n’y a pas un élément de nature humaine qui ne soit ainsi hypostasié ; le péché, étant contre nature, n’est pas hypostasié ; le Verbe a pris tout ce qui est naturel à l’être humain et seulement ce qui est naturel. D’autre part, cette même substance universelle de l’Homme est assumée par l’hypostase ou personne créée qui est celle de Marie, hypostase restaurée par l’Union hypostatique ou Incarnation du Fils de Dieu. L’humanité de la Vierge à la fois est ainsi l’humanité de tous, l’humanité universelle, la substance humaine métamorphosée par le Verbe en sa glorieuse Incarnation ; et en même temps, elle n’est pas celle de tous.

Humanité personnelle

En effet, cette humanité de tous, qui est l’humanité hypostasiée par le Christ, l’humanité du Christ, est portée par la personne de la Mère de Dieu pour la première fois dans l’Histoire humaine – ce qui est un des sens de sa Virginité, virginité de l’humanité nouvelle ; d’autre part, elle est assumée par sa personne de façon absolument unique, ce qui est le mystère de l’hypostase ou personne créée : elle est ainsi l’humanité de la Mère de Dieu.

Le renouveau de l’humanité

En Marie, et en personne d’autre, le Christ, déifiant la substance humaine, opère la restauration de la nature créée ; et ce renouveau de l’humanité va de pair avec le renouvellement de la vie hypostatique ou personnelle de la créature à l’image du Dieu tri hypostatique. Certes ce renouveau de l’humanité bénéficie à tous les humains : mais il faut à chaque personne pour sa part assumer cette réalité de façon unique et libre : aucun homme, ni les saints ni les martyrs, dans leur joie, dans leur sainte souffrance et dans leur mort bienheureuse, ne l’assumeront jamais comme le fit Marie. La Mère de Dieu, en son icône et dans l’hymnographie ecclésiale, apparaît comme le type anthropologique des temps nouveaux, puisque tout ce qui est humain est en elle restauré, accompli et sanctifié.

Ressemblante à Dieu

Ceci est donc vrai, non seulement pour son corps, sur lequel on insiste parce qu’il est le lieu de sa prégnance, mais également pour son âme, dans les divers composants que les saints Pères ont décrits, notamment le « noûs » (faculté intuitive), la volonté et la liberté, la personne ou hypostase créée, sceau de l’Image accompli en ressemblance. La première parmi les créatures, la Vierge réalise le projet divin transcrit dans la Genèse : « faisons l’Homme à notre image et en vue de notre ressemblance » (1, 26). Elle est l’humanité nouvelle au sein de l’Homme nouveau qui est le Christ, tout en ayant celui-ci en son sein ; ce n’est qu’en lui et l’ayant en elle-même qu’elle pouvait être telle : c’est pourquoi les deux icônes fondamentales sont les icônes royales, celle du Christ et celle de la Mère de Dieu. Être humain, Homme nouveau par l’œuvre du Dieu Homme, elle est à la droite glorieuse de celui-ci dans la Déisis. Elle lui est symétrique dans l’icône de la glorieuse Ascension.

Sans passions

Toutes les passions originelles sont en elle purifiées et rétablies dans leur finalité naturelle, en vertu de son obéissance : la passibilité de la créature est en elle naturelle, sans égoïsme, sans amour de soi, sans passions – passions sans passion, impassible passibilité. Dès la conception virginale, en vertu de la purification qu’opère le saint Esprit en elle, la Mère de Dieu reçoit la capacité de souffrir et de se réjouir comme souffre et se réjouit l’humanité du Christ, c’est-à-dire volontairement et librement. C’est le Verbe en s’humanisant en elle qui est l’auteur de cette œuvre.