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Le discernement des pensées : saint Jean Cassien

« Affiner l’âme » –

Saint Jean Cassien donne une méthode concrète que vous pouvez retrouver vous-mêmes, et également toutes les autres méthodes qui sont les veilles, le jeûne et la prière, qui ont pour but “d’affiner tellement l’âme qu’elle fasse ses choix”. “Affiner tellement l’âme qu’elle perd le goût des choses terrestres et ne veuille plus contempler que les célestes” dit saint Jean Cassien. Cet affinement de l’âme par la lecture de l’Écriture, le jeûne, la veille et la prière continuelle, est une chose très précise. Il dit que “c’est un exercice du cœur qui pourrait, non sans justesse, se comparer aux meules que les eaux d’un canal, en se précipitant, actionnent d’un mouvement giratoire. Elles ne peuvent cesser leur travail, forcées qu’elles sont de tourner par la poussée des eaux. Il est cependant au pouvoir du Maître du moulin de faire moudre à son gré du blé, de l’orge et de l’ivraie. Ce qui est hors de doute, c’est qu’elles ne moudront que ce qui leur sera fourni par celui à qui le soin de cet ouvrage a été commis”. Ceci est une très belle parole pour expliquer les rapports entre l’esprit et le cœur.

Le cœur et l’esprit

Le cœur est la meule qui moud. Elle tourne tout le temps, car constamment actionnée par l’eau. Elle ne peut pas ne pas moudre. Mais elle moud ce que lui fournit le maître, qui est l’esprit. L’esprit reçoit les pensées, les suggestions, les sélectionne et les communique au cœur. La meule moud que ce que lui aura été fourni par “celui qui a le soin de cet ouvrage a été commis”. « De même, l’âme se sent-elle pressée durant la vie présente: de toutes parts les torrents de la tentation la précipite, mais le soin est commis à son zèle et à sa diligence de voir quelles pensées elle doit admettre et lesquelles elle doit rechercher.

La parole de Dieu

Si nous recourons à la méditation constante des Sainte Écritures et élevons notre mémoire aux souvenirs des réalités surnaturelles au désir de la perfection et à l’espérance de la future béatitude, nécessairement les pensées qui naîtront de là seront spirituelles et maintiendront l’âme dans les hauteurs où elle aura vécu » dit saint Jean Cassien. C’est l’application directe de la liberté. Il est en notre pouvoir de fréquenter l’Écriture Sainte tellement que l’âme ait en mémoire des pensées divines et que ce soient elles que le cœur soit chargé de moudre.

La prière

Il moud comment ? Par la prière. Ces pensées divines forment le contenu de la prière, même d’une prière répétitive. Saint Jean Cassien conseillait de répéter non pas la prière de Jésus que nous utilisons, mais des phrases de l’Écriture “O Dieu, viens à mon aide”, “Seigneur, hâte-toi de me secourir”, exactement comme la prière du cœur maintenant. Il parle de cela aussi. La prière répétitive, pour arriver à la prière continue, c’est ce mouvement du cœur qui moud; mais il doit moudre des pensées divines.

Trois sortes de pensées

Saint Jean Cassien dit que nos pensées sont de trois origines. Puisque nous voulons savoir ce que nous allons faire moudre à notre cœur, de l’orge, du blé ou de l’ivraie, nous allons chercher trois types de pensées et nous allons apprendre à les reconnaître de façon à ne pas faire moudre n’importe quoi. « Nous devons remarquer avant tout qu’il y a trois principes de nos pensées: Dieu, le démon et nous-mêmes” » dit saint Jean Cassien.

Un exemple: “Tel le prophète lorsqu’il s’écrie: J’écouterai ce que dit en moi le Seigneur Dieu”; et cet autre qui déclare: ” L’ange qui parlait en moi dit….”. C’est aussi le cas lorsque le Fils de Dieu promet de venir avec son Père et d’établir en nous sa demeure et qu’Il dit: “Ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit de votre Père qui parle en vous”. Et quand saint Paul écrit: “Vous cherchez une preuve: c’est le Christ qui parle en moi”. Il dit aussi: “Tout ceci se rapporte à l’illumination de l’Esprit saint”.

L’Esprit saint met en nous des pensées divines qui sont des citations textuelles de l’Écriture sainte, ou des pensées que nous pouvons confronter avec les paroles de l’Écriture et qui ne sont pas contraires et que nous ressentons comme une vocation, comme un appel.