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Les sentiments dans la divine liturgie

L’amour pour les saints –

« Nous comprenons l’office, quand nous tissons un lien avec les personnes qui le vivifient, par exemple avec le saint fêté ou avec la solennité du jour. Pour établir ce lien, nous lirons auparavant des textes liturgiques : le Paraclitique*, le Triode* ou le Pentecostaire*, les Ménées* et le Synaxaire*. Ainsi nous plaçons devant nous les visages aimés : celui de la Mère de Dieu que l’on fêtait hier, celui du martyre qu’on fêtera demain, celui du prophète que nous honorerons après-demain. Quand je vis l’office en compagnie d’un personnage aimé, j’embrasse tout l’office. Je comprends tout et je discerne ce que, mainte fois, je ne discernais pas. Je m’unis à une personne, je m’unis à l’assemblée.

Se préparer

Avant d’aller à l’église, je dois aussi me préparer à vivre l’événement du jour. C’est dimanche, je vais voir le Christ ressuscité. Nous sommes lundi, mardi, je me rends à l’église avec le sentiment de mon état pécheur, comme le dit le Paraclitique avec ses tropaires tout pénétrés de componction. En même temps, le lundi je vénérerai les archanges, et le mardi le Précurseur. Le mercredi et le vendredi, j’adorerai la Croix. Le jeudi, je marcherai dans les pas des saints apôtres et de saint Nicolas. Le samedi, je glorifierai la Mère de Dieu, les martyrs et les défunts.

Une fête

Alors je me rendrai à la Liturgie comme quelqu’un qui va porter un cadeau à son ami ; il revêt ses plus beaux habits et, si c’est une femme, se pare de bijoux. Il revient chez lui le cœur en fête ayant reçu son propre cadeau. Ceci est une image de la Liturgie.

Le discernement

[…] L’émotion est un sentiment un peu équivoque. Je vous donne un exemple […] Vous priez pour votre mère, demandant à Dieu de lui rendre la santé, et les larmes jaillissent d’elles-mêmes. En réalité vous versez des larmes pour votre mère et non pour Dieu. Nous devons comprendre que l’émotion humaine et l’émotion divine sont différentes, et ce n’est pas toujours  très facile d’établie une distinction. C’est pourquoi nous devons être vigilants.

Le vrai sentiment

Nos sentiments sont réels au cours des offices, quand il n’existe pas en nous de pensées, ni de blessures, ni de désirs humains. Quand nous nous sentons blessés, oubliés, souffrants, tout ce que nous vivons est artificiel. L’émotion qui nous envahit n’est pas de Dieu, c’est une caresse que nous faisons à notre propre ego, pour qu’il survive. Lorsque je n’ai aucun désir, lorsque je ne suis pas contrarié, quand je ne me sens pas délaissé, quand je me rends à l’église tout joyeux et paisible, alors mes sentiments sont profonds, ils sont sûrs »

(archimandrite Aimilianos, Le culte divin, éditions Ormylia, 2004, p. 161-164)

(lexique :

Paraclitique : livre liturgique appelé également Octoèque, ou livre des huit tons. Il comporte des prières et des offices pour chaque jour de la semaine (vêpres, matines et divine liturgie) suivant l’ordre des tons prévus par le calendrier liturgique. Ce livre est utilisé pendant toute l’année liturgique ; on ne l’utilise presque pas pendant le grand Carême et de Pâques à la Pentecôte.

Triode : livre liturgique utilisé pour les offices quotidiens pendant le grand Carême. Il doit son nom à un groupe de trois odes différent chaque jour.

Pentecostaire : livre liturgique utilisé à partir du dimanche de Pâques et jusqu’à la fête de tous les saints, qui suit la Pentecôte. Il comporte les prières pour les offices de tous les jours de cette période. Comme le Triode, il remplace en très grande mesure le Paraclitique.

Ménées : recueil liturgique mensuel, comme le dit son nom, contenant des offices pour les principaux saints du calendrier et pour les fêtes fixes. Ce volume est utilisé conjointement avec les autres livres liturgiques.

Synaxaire : recueil, pour tous les jours de l’année, de la vie des saints qui ont confessé la vraie foi. Il présente également les grandes fêtes fixes (Noël, Théophanie…).