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Une méthode pour la confession ?

La confession et l’absolution des péchés constituent un des moments les plus forts de la vie des baptisés. Il s’agit d’un des principaux sacrements ou « mystères » chrétiens. Il est fondé sur la parole du Christ aux apôtres après la Résurrection : ce que vous délierez sur terre sera délié dans les cieux (Matt 16, 19).

Dans l’Évangile, le Seigneur Jésus Christ donne plus d’une fois l’exemple du pouvoir divin de délier et son enseignement sur le pardon, la remise des dettes ou l’absolution des fautes – expressions pratiquement synonymes – est une des bases de son action divino humaine dans le monde. Quand Il enjoint aux apôtres de pardonner ou de délier, Il ne leur délègue pas le pouvoir, et Il reste présent, agissant et premier célébrant de ce mystère (cf. Matt 28, 20).

Suivant une fréquence propre à chaque personne, le baptisé vient demander le pardon et l’absolution de ses fautes au Christ invisiblement présent dans l’Église par le saint Esprit. Il se tient face au saint Évangile, à la Croix et à l’icône du Sauveur, c’est-à-dire face au Christ. Le prêtre ou l’évêque qui officie le sacrement se tient à sa droite, dans la position de celui qui plaide pour la personne en ce monde et dans le monde qui vient. En effet, la confession anticipe le Dernier Jour, quand nous pourrons, devant le visage découvert du Christ, avouer les fautes de notre vie, notamment celles que nous n’aurons pas pu confesser avant notre mort.

Le mieux est ainsi que le baptisé s’adresse, dans la confession, non pas au prêtre, mais au Christ. « C’est contre toi seul que j’ai péché », dit le prophète David (ps. 50). Nous ne venons pas nous excuser du mal que nous avons pu faire en analysant et en cherchant des explications ; nous ne venons pas nous défendre ; nous venons reconnaître notre faute et être délivrée de la culpabilité par le pardon du Christ. En tout cas, ce n’est ni au prêtre ni à l’évêque que nous demandons pardon – ou alors, si nous pensons avoir offensé ce frère et ce père, c’est en dehors du sacrement de la confession que nous pouvons lui demander pardon.

C’est au Christ que nous demandons pardon de ce qui a pu, que nous le voulions ou non, nous éloigner ou même nous séparer de lui, et abîmer d’une façon ou d’une autre la grâce du saint baptême et notre dignité de disciple. C’est devant lui que nous prenons la responsabilité de nos pensées, de nos paroles et devant nos actes. C’est à lui seul que nous avons à rendre compte de notre vie.

Exerçons-nous ainsi – et apprenons cela à nos enfants dès le plus jeune âge – à nous adresser directement au Christ. Par exemple, nous pouvons utiliser une formulation comme celles-ci : « je voudrais confesser que… » ; « je te demande pardon, Seigneur Jésus, pour … » ; « pardonne-moi, Seigneur Jésus, ceci ou cela… ». La confession pourrait être – elle ne l’est pas toujours – le moment exceptionnel de notre dialogue très personnel avec le Christ.

Le prêtre ou l’évêque, pendant cet échange intime qui a lieu, adopte une position extrêmement discrète, il se fait tout petit devant le grand mystère de la conversation divino humaine ; il se fait transparent et invisible comme un ange, pourtant présent et témoin. Cette situation à trois personnes – le Christ, le disciple et le prêtre – est la même que celle qui se rencontre quand deux personnes, des conjoints par exemple, pour se réconcilier, demandent à un tiers d’être présent. Mais le prêtre prie intensément alors pour ses propres fautes, pour que le baptisé jouisse du miracle d’un vrai repentir, et pour que sa supplication soit entendue du Dieu de miséricorde.