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Pourquoi vénérer les icônes dans les offices ?

Dieu fait Homme –

L’icône atteste le fait que Dieu le Verbe s’est fait chair et s’est fait homme, ainsi que nous le confessons dans le Symbole de la Foi : nous croyons «en un seul Seigneur Jésus Christ, Fils unique engendré de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par Qui tout est advenu ; Qui, pour nous, hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux, s’est fait chair du saint Esprit et de Marie la Vierge, et s’est fait homme… » La transfiguration de la matière par la foi, par la prière, par la préparation du bois, le choix des lignes, des couleurs, prolonge l’Incarnation. Les thèmes choisis sont issus de la Parole de Dieu, surtout le saint Évangile qui annonce précisément que Dieu s’est fait Homme.

La prière avant la prière

Nous vénérons les saintes icônes avant toute prière solitaire ou liturgique, en entrant dans l’église, et où que ce soit. Nous allons vers les Hôtes de la maison de Dieu : le Christ et la Mère de Dieu, présentés sur le chancel ou l’iconostase, ou le sanctuaire domestique, en prononçant des prières appropriées : « Devant ton icône très pure nous nous prosternons, ô Dieu de bonté, demandant le pardon de nos fautes, ô Christ notre Dieu. Tu as daigné monter librement sur la Croix pour délivrer de la servitude de l’ennemi ceux que Tu as créés. C’est pourquoi nous te rendons grâce et te crions : Tu as tout rempli de joie, ô notre Sauveur, t’étant rendu présent à ton monde pour le sauver ! ». Nous nous prosternons ensuite devant tous les saints dont la présence apparaît dans l’espace liturgique.

Les offices

Au cours de l’office des matines festives, nous vénérons l’icône du jour : les Myrrhophores,  si c’est dimanche, où celle de la fête du jour. Nous la vénérons après avoir vénéré l’évangéliaire où a été proclamé l’évènement respectif du Salut – la Résurrection, par exemple – et la Croix qui est toujours exposée. Ceci est cohérent avec l’injonction du septième Concile œcuménique, après la crise iconoclaste.

Avant la sainte communion, une procession se forme. Pendant la lecture du psaume 33 par un chantre – ou en grand silence, dans certaines églises – tous – adultes et enfants baptisés –  viennent se prosterner devant le Christ, la Mère de Dieu, les principaux saints et l’icône du jour, et se retournent ensuite vers le Peuple pour se prosterner devant les Frères en demandant leur pardon et leur bénédiction. Ils se mettent ensuite en place pour communier – les enfants les plus jeunes en premier… Ainsi, avant de communier à la chair déifiée du Dieu Homme, nous nous prosternons devant cette réalité divino humaine : l’icône et la communauté elle-même, ce Corps du Christ auquel nous communions. Le prochain, ou le Frère, sont l’icône non faite de main humaine.

Vénération et communion

Dans le cas où l’on serait présent sans pouvoir participer à l’Eucharistie, pour une raison ou une autre, une telle vénération n’a pas de signification. Le lien entre la foi, le geste liturgique et la communion sacramentelle est significatif : les offices de l’Église, particulièrement la divine liturgie, sont une célébration commune de tous ceux qui sont unis à la tradition des Apôtres et des Pères. Du reste, dans certaines églises, les personnes qui ne confessent pas la vraie foi, et qui ne sont donc pas en communion avec l’Église des Pères, ne vénèrent ni l’Icone, ni la Croix, ni le saint Évangile.