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4eme dimanche après la Pentecôte: Matthieu 8,5-13

Le Fils, Icône du Père –

Le temps après la Pentecôte, le cycle le plus long de l’année puisqu’il conduit au début du grand Carême de Pâques, est le temps de la manifestation de la miséricorde divine. Le Père céleste rend évidente sa miséricorde par l’action du Verbe et par celle de l’Esprit, ces “deux mains”, comme le dit saint Irénée, par lesquelles Il agit dans le monde. Le Père céleste, personne ne l’a vu, et personne ne peut réaliser son icône. Le Fils est son icône, car “qui a vu le Fils a vu le Père”, et l’Esprit est sa puissance. Il n’empêche que c’est Lui, comme Source exclusive de tout bien, qui est révélé dans le monde, lui “notre Père céleste”.

La présence du Père

Le temps de la Pentecôte est ainsi le temps de la révélation du Père, miséricordieux, aimant, patient, confiant en l’homme et respectueux de sa liberté. Le Père est invisiblement présent dans son monde par le visage de son Fils fait homme et par la grâce de son Esprit très saint et très bon. Il est présent dans le cœur de chaque homme qui met sa foi en son Fils, en lui-même et en son Esprit: “si quelqu’un m’aime… mon Père l’aimera: nous viendrons chez lui et nous établirons chez lui notre demeure” (Jean 13, 23).

Jésus le Messie est dans le monde pour révéler l’amour du Père et sa présence invisible. Le Christ est au milieu de nous, disons-nous dans la sainte Liturgie: or le Père est présent avec le Fils et le saint Esprit. Le Fils n’est jamais présent sans le Père et sans l’Esprit, quoique son œuvre soit spécifique.

Soigner le monde

Dans l’évangile de ce jour, nous percevons de notre ouïe et de notre vue charismatiques comment la paternité de Dieu se montre par le Fils. “Je viendrai le soigner”, dit Celui-ci. Le Fils est dans le monde pour soigner et pour guérir l’homme, non seulement comme Envoyé du Père, comme délégué d’un père qui serait absent, mais comme sacrement de la présence paternelle par le saint Esprit.

Le Père Médecin

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas un monde absurde ou abandonne par la Divinité. Non: il est un monde, “paralyse et soufrant terriblement”, dans lequel le Fils arrive avec la puissance du Père pour soigner et guérir, suivant les deux sens du mot grec employé dans l’évangile. Notre prière pour le monde et pour son Salut; notre prière pour que les fléaux soient épargnés à l’humanité malgré ses péchés et par considération pour les nombreux saints et les innombrables innocents, est une prière fondée sur la foi en la présence de Jésus le Fils unique de Dieu, et, par lui, du Père lui-même. Notre monde a un père, le Père céleste. Notre humanité est aimée, elle n’est pas orpheline, elle est divinement et humainement soignée, et le Père veut la guérir, par la divinité et l’humanité sainte de son Fils.

Le Pilier du monde

La compassion du Père est le pilier du monde, plus que les grandes lois cosmiques qui font tourner sur elle-même notre petite planète; plus que les fortes lois qui gouvernent les astres et ces planètes qui tracent une lumière dans nos ciels obscurs. La compassion paternelle de la Divinité est tracée comme un jet de lumière incréé par le sang que verse le Fils et par le souffle enflamme qu’exhale l’Esprit.

Nos soignants bénis

Des hommes et des femmes, en grand nombre, disciples de Jésus Christ, ou non encore recrutes par lui, agissent pour soigner et guérir d’autres hommes avec une divino humaine compassion dont ils ne connaissent pas tous la grande et suprême Source. Mais nous, les baptises, nous témoignons qu’ils font les œuvres du Père dont le Fils est venu “apaiser la souffrance du monde”, comme le dit une récente et belle émission.

(Radio Notre-Dame, “Lumière de l’Orthodoxie”, dimanche 5 juillet 2020)