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Dimanche de Pâques: Jean  1, 1-17.

Pâques au foyer –

En ce 19 avril 2020, nous fêtons la Pâque du Fils de Dieu dans nos maisons. Les prêtres célèbrent à huis clos dans leur domicile en incluant un maximum d’intentions dans la prière liturgique. Dans toutes les familles, on échange un vibrant « Christ est ressuscité ! » et l’on partage les aliments traditionnels qu’on a pu préparer : les magnifiques œufs de couleur rouge, les gâteaux de lait et de miel, les brioches et autres mets suivant les traditions des divers pays orthodoxes.

La joie pascale

Le confinement n’empêche pas la joie pascale. La grotte de Bethléem ni celle du Tombeau n’ont pu retenir la lumière de briller dans le monde, au ciel, sur terre et dans les enfers. La puissance de la vie dégagée dans des espaces minuscules n’y demeure pas et, quoi qu’on fasse, elle irradie à l’intérieur de la terre et vers tout l’espace habité de ce monde. La planète entière, contaminée par le fléau, est également, et combien davantage encore, gagnée par la joie de la Résurrection comme elle le fut par la joie de la divine Nativité. La vie divine et la joie divine dont incompressibles ! Elles sont explosives ! Elles font éclater également les cœurs réduits par l’égoïsme et tous les espaces précisément confinés.

L’explosion de la vie

Ainsi peut s’interpréter la phrase « les ténèbres ne l’ont pas comprise » : les ténèbres ne l’ont pas retenue, n’ont pas pu la contenir et l’empêcher d’éclater et de briller, cette lumière. Les ténèbres du monde, ou la ténèbre de l’inconnaissance, sont trop petites pour la lumière. Le Verbe n’a pas voulu rester à l’étroit chez les créatures, habitant l’espace sans frontières et le temps sans marge de la communion atemporelle des Personnes et Hypostases divines ! Comment pourrait-Il être emprisonné et confiné, Lui qui resplendit à partir du sein du Père ? Sans pouvoir célébrer dans nos églises de la façon la plus éclatante ; sans pouvoir déployer les grandes processions qui mettent le feu au monde ; sans pouvoir proclamer à toute voix la sainte et glorieuse résurrection du Christ vrai Dieu et vrai Homme, sans pouvoir exploser, toute notre joie vivifie le monde par l’intérieur : nous implosons !

Dieu s’est concentré !

Nous investissons toute l’énergie de la Pâque dans l’étroitesse de nos foyers, de nos maisons et de nos cœurs. Le Verbe s’est rapetissé, écrit saint Macaire, pour être contenu dans les espaces les plus étroits, dans le sein de la Vierge, dans la grotte de Bethléem et dans le Sépulcre : Il se rapetisse sans diminuer, comme Il est totalement présent dans la moindre miette du pain eucharistique. Et en tout cas, pour chaque personne qui laisse son cœur s’embraser de cette lumière, le Ressuscité est le Donateur de l’Esprit, le grand Libérateur des consciences, et Celui qui partage avec tous ceux qui le veulent la dignité de fils et de filles du Très-Haut.

La puissance de la vie

Ainsi, laissons imploser notre joie ! À tue-tête, chantons les cantiques de la Résurrection : s’il passe quelqu’un dans notre rue déserte, qu’il entende des cris de joie et d’exultation !

Une puissance extraordinaire s’est dégagée au matin de Pâques. Que des enfers de notre confinement jaillisse, comme du Tombeau qui se vide, la gloire assourdissante et aveuglante qui renversa les gardes et projeta la pierre au loin, alors qu’elle « était fort grande » !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche de Pâques 2020)