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Dimanche de Thomas

La quête de Dieu –

Ce jour est l’aboutissement de tout le chemin de l’homme. Le grand Carême est une quête continuelle de la vision de Dieu. Voir Dieu est le but de notre vie, ici-bas et dans le monde futur. Un refrain du temps pascal est « nous avons vu le Seigneur ! » Aujourd’hui, les disciples voient le Seigneur et ils se réjouissent, car il n’y a pas d’autre joie digne de ce nom que de contempler sa face glorieuse, humble et miséricordieuse. Le visage du Verbe incarné est une merveille ! Le Dieu d’Israël, le Dieu des vivants et des morts, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et de tous les hommes sur toute la surface de la terre et dans tous les temps, tourne son visage vers les hommes, vers chaque personne humaine, et Il les regarde !

Le regard du Seigneur

Merveille d’être regardé par son Seigneur, son Créateur et son Dieu ! Ce regard est plein de douceur, plein d’amour humble ; il est également plein de joie, car grande est la joie du Seigneur à la vue des hommes, de ceux qui croient en lui, ses disciples, et de tous ceux qui ne croient pas encore. Le Seigneur se réjouit à la vue des hommes. Or, cette joie de Dieu est la pierre d’angle de notre foi. Nous nous réjouissons de voir le Seigneur d’une façon ou de l’autre ; et nous sentons sa joie, quand nous osons lever nos yeux vers les siens, tourner notre visage vers le sien dans sa sainte Icône ; nous sentons une grande joie qui ne procède pas de nous-mêmes, une joie qui nous est donnée, qui descend sur nous, qui se communique à nous et à notre entourage, la joie que le Ressuscité insuffle à ses apôtres, à ses disciples, et à tous ceux qui l’aiment et qu’Il aime, car Dieu aime tous les hommes et veut qu’ils aient, par le saint Esprit, part à sa joie.

La joie et la foi

La joie de Dieu est la base de la foi des hommes. C’est parce qu’ils sentent cette joie, parce qu’ils sentent cet amour plein de joie et plein de lumière, que les hommes mettent leur foi dans le Christ Sauveur. « Tu m’as vu et tu as cru », dit Jésus Christ à Thomas. L’apôtre a vu la joie de Dieu et il a cru ! Il y a ceux qui croient sans avoir encore vu : mais ils croient déjà en sachant qu’ils verront un jour la face de Dieu ; ils anticipent par la foi la joie de voir leur Seigneur, comme les apôtres et les saintes femmes, et quantité de saints de tous les temps, l’ont contemplé par le saint Esprit. C’est Lui, l’Esprit du Père, exhalé par le Fils, qui remet le péché de cécité, de manque de foi et d’ingratitude. C’est Lui qui nous donne des yeux de chair transfigurée pour adorer notre Maître bien aimé, d’un « simple regard sur le Sauveur », comme dit un Moine de l’Église.

Toucher des yeux

Car le regard suffit : Thomas n’a pas touché le corps du Christ ; il l’a vu, il l’a touché par les yeux ! Le regard résume souvent tous les sens, et il assume surtout le toucher ; nous touchons Dieu de nos yeux, comme Thomas ; et le palpant ainsi par la vue, nous l’appelons « mon Seigneur et mon Dieu », et nous chantons « nous avons vu la vraie Lumière ». Grande est l’expérience que les saints apôtres, en ce jour, firent du saint Esprit, l’haleine du Verbe : les lèvres qui l’exhalaient vers eux étaient la bouche bénie du visage adoré ; la lèvre qui dit la parole du Salut ; car le saint visage parle !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 15 avril 2018)