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Dimanche de Thomas: Jean 20, 19-31

Jour un-huit –

Le jour même de la Résurrection, et encore huit jours après cela, le Christ se rend présent, et c’est aujourd’hui, parmi les apôtres, confinés dans une maison par la peur des persécutions. Par deux fois, Il entre toutes portes fermées et Il donne sa paix, l’extraordinaire grâce du saint Esprit, au petit groupe qui s’est barricadé : personne ne sort de la journée, sauf peut-être pour quelques courses. Le Christ se tient « au milieu d’eux » ; « Il fut parmi eux » ; Il se rend présent. Cette double parousie est toujours la richesse de notre dimanche qui est, pour cette raison, à la fois le premier jour et le huitième, Jour un-huit ! Or, ce jour complet, cet Alpha-Oméga de la présence divino humaine, est celui des confinés que nous sommes.

Le Christ présent

Nous aussi, nous vivons et même nous célébrons « toutes portes fermées », à huis clos. Dans notre confinement, le Christ se rend présent. Tel est l’enjeu de la situation qui nous est faite avec la permission de Dieu : que Jésus soit notre Seigneur ! Que Jésus soit cet hôte qui entre dans nos maisons et nos appartements claquemurés ! Qu’Il se rende présent dans la chambre confinée de notre cœur ! Que ces petits espaces limités de nos logis et de nos cœurs le reçoivent, et nous découvrons que l’Église n’est pas seulement à l’église : elle est où nous nous réunissons à quelques-uns le matin de la Résurrection, huit jours après et, en fait, toutes les semaines.

Reconnaître Jésus comme Seigneur

La communauté chrétienne est toute petite, et fragile. Elle n’a plus de lieux de culte, les églises et les cathédrales triomphantes sont fermées. Mais le Christ se rend présent en elle. Ce qui fait la communauté c’est que chacun de nous reconnaisse Jésus comme Seigneur. C’est ce que fait Thomas : « mon Seigneur et mon Dieu ! » Pouvons-nous dire cela ? Nous sommes alors chrétiens, chrétiens sans église fixe, chrétiens à domicile, chrétiens du culte domestique comme les Juifs de la diaspora. Mais, pour cela, il faut croire, il faut la foi, une foi qui n’hésite pas, ou plus, qui suit l’Apôtre, d’abord Didyme, le Jumeau, le Double, l’Hésitant, puis vraiment croyant, Thomas, le Contemplatif, l’Admiratif, quand il a touché le côté du Seigneur corporellement présent.

Toucher le Christ

Nous aussi, nous touchons le Seigneur et nous croyons en lui. Il vient chez nous, le corps blessé, porteur de toutes les souffrances du monde, et nous les apporte pour que nous les lui présentions dans notre prière de louange. Que personne n’ose dire : « je ne le vois pas ! » ; que personne ne pense le Christ absent ; que chacun croie et sache de source sûre qu’Il est présent parmi nous quand nous sommes une poignée de croyants réunis, confessant sa Résurrection et vivant en son Nom. Aujourd’hui, la puissance de la Résurrection s’investit dans nos vies toutes petites et toutes simples, confinées par un fléau qu’on ne maîtrise pas ; la présence du Seigneur est palpable parmi nous, dans l’amour et la joie fraternelles, dans l’icône de nos visages, dans la compassion que nous éprouvons pour tous les peuples de la terre dont le Ressuscité assume la souffrance dans son côté sanglant. Aujourd’hui, nous disons : « mon Seigneur et mon Dieu » et nous communions par la foi.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 26 avril 2020)