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Dimanche des Rameaux : Jean 12, 1-18

Vivre ensemble –

Non sans une grande joie, nous arrivons au jour béni et glorieux de l’entrée à Jérusalem du roi des Juifs, le Messie et Sauveur du monde. Nous avons passé le saint Carême confinés chez nous, quelquefois tout seuls, quelquefois en famille ou avec des amis, en compagnie de nos animaux familiers. Nous avons expérimenté le bonheur, quelquefois la difficulté, de vivre ensemble. C’était nouveau pour la plupart d’entre nous, qui sommes souvent à l’extérieur et ne rentrons que le soir après le travail : vivre ensemble ! Selon le prophète David, c’est le grand bonheur : « qu’il est bon, qu’il est doux, d’habiter en frères tous ensemble ! C’est comme un parfum sur la tête.. » (Ps. 132, 1).

« Le Paradis, c’est les autres »

« Le bonheur, souvent le paradis, ce sont les autres », parce que l’être humain a été créé à l’image de Dieu Père et Fils et saint Esprit ; l’être humain trouve son bonheur dans la communion avec d’autres personnes, divines et humaines. Et surtout, vivre ensemble avec la même foi, la même espérance, le même amour du Christ, c’est vraiment le bonheur : deux ou trois, quelquefois davantage, réunis en son Nom, et Il est au milieu de nous ! Telle est l’expérience fondamentale de la communauté des baptisés : un groupe de personnes qui, librement et avec enthousiasme, accueille Jésus Christ comme Seigneur, en l’acclamant du fond du cœur : « Hosanna au Fils de David ! », ou encore : « Béni est celui qui vient au Nom du Seigneur ! »

Expérience communautaire

Aujourd’hui, à Jérusalem, l’immense foule juive, venue pour la Pâque dans la cité de David, acclamait Jésus comme Seigneur. C’est l’image de nos communautés, qui ne sont pas toujours aussi nombreuses,  l’image de nos familles et, de plus, la figure de ce qui se passe à l’intérieur de nous. La foule des puissances de notre âme, le meilleur de nous-mêmes ainsi que ce qu’il y a de plus faible et de plus disposé en nous à la trahison, accueille Jésus comme Seigneur. « Seigneur et Maître de ma vie ! », disions-nous pendant tout le Carême avec saint Éphrem le Syrien. Est-ce que c’était vrai ? Est-ce devenu vrai, au terme du grand Carême et au long de cette période de confinement ? Pouvons-nous dire sans hypocrisie aujourd’hui que Jésus est le Seigneur de notre vie ?

Reconnaître Jésus comme Seigneur

La prière de louange que nous enseigne l’évènement des Rameaux nous guide vers cette reconnaissance. Glorifions sans cesse le Sauveur Jésus Christ jusqu’à ce qu’Il se dévoile comme notre Seigneur. Nous avons appris de la quarantaine imposée par le fléau qu’une religion purement extérieure, ou sociale, ou institutionnelle, est bien fragile. L’essentiel est que Jésus soit pour moi, pour chacun de nous, Seigneur et Roi de la Jérusalem intérieure de notre cœur, et que nous vivions ainsi par la Foi !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 12 avril 2020)