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Dimanche des saints Pères œcuméniques, avant la Pentecôte. Évangile : Jean 17, 1-13.

Le Fils et son Père –

En ce dimanche qui précède la glorieuse Descente de l’Esprit, le Fils et Verbe de Dieu s’adresse à son Père, Source de la Divinité et source de la vie personnelle ou hypostatique en celle-ci. Du Père, le Fils procède par conception ou engendrement, et l’Esprit procède par jaillissement. Dans l’évangile selon saint Jean, nous entendons plus d’une fois le Fils parler de l’Esprit à ses apôtres et disciples. Mais, dans l’évangile de ce jour, dans cette grande prière que le Fils adresse au Père, il n’est question que de l’Esprit alors que Celui-ci n’est pas nommé directement.

Le Roi et le Royaume

En effet, le Fils l’appelle Consolateur quand Il parle de lui aux hommes. Ici, parlant de lui au Père, Il le désigne de façon indirecte, car « Esprit » n’est pas le nom propre de Celui qui jaillit du Père. Saint Syméon le Nouveau Théologien le dit : on ne connaît pas son Nom. Nous l’appelons Esprit et Seigneur, ce qui veut dire Dieu ; nous l’appelons Vivificateur : c’est son action la plus manifeste. Nous l’appelons « Roi céleste », parce qu’Il fait régner le Verbe ; c’est en lui que le Verbe règne, en sorte qu’Il est non seulement Roi céleste, mais également royauté céleste du Verbe. L’Esprit, pour ainsi le nommer, est Roi et Royaume.

Le Verbe nomme l’Esprit

Et le Verbe, annonçant la glorieuse Pentecôte, évoque l’Esprit par des expressions successives : Glorification du Fils par le Père et du Père par le Fils (17, 1), car l’Esprit est celui en qui et par qui le Père et le Fils se reconnaissent comme Père et comme Fils et en qui et par qui Ils se rendent hommage mutuellement ; l’Esprit est le témoin atemporel de l’amour mutuel du Père et du Fils. Il l’appelle Pouvoir sur toute chair (v.2), car l’Esprit est la Royauté sans domination du Roi des nations, pouvoir sans pouvoir démontré par la Croix : le Christ, Verbe fait chair, a irradié continuellement en sa vie terrestre cette puissance de l’Esprit, « une force sortait de lui et guérissait tous », écrit saint Luc ; ce pouvoir charismatique signale que le Verbe est habité par l’Esprit qu’Il appelle encore Vie éternelle (v. 2), puisqu’Il est celui qui vivifie, qui a conçu humainement le Verbe en la Mère de Dieu, et qui l’a ressuscité selon la volonté du Père ; Il l’appelle Connaissance du Père et du Fils (v. 3), car c’est par l’Esprit que l’homme sonde la profondeur insondable de la Divinité ; Il l’appelle Accomplissement sur terre par le Fils de l’œuvre du Père (v. 4), car l’Esprit porte à la perfection la volonté du Père manifestée dans le Fils ! Il l’évoque encore comme Gloire atemporelle de lui-même le Fils auprès du Père (v. 5).

L’Esprit, Joie du Père et du Fils

Surtout, Il le nomme Joie et Plénitude de la joie (v. 13) ! La venue parmi les hommes du Fils unique et Verbe de Dieu a pour enjeu le don du saint Esprit. Le Ressuscité est le Donateur de l’Esprit. Dans la semaine qui commence, semaine « épiclétique » s’il en est, demandons avec ferveur ce grand Don puisque le Fils veut nous l’offrir : l’Esprit, Joie en Personne ; l’Esprit, joie parfaite du Père et du Fils ; l’Esprit, allégresse des anges et jubilation des hommes ! L’Esprit, offrande du Fils de la part du Père !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 31 mai 2020)