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Dimanche du Paralytique : Jean 5, 1-15.

Le signe de l’Esprit –

De dimanche en dimanche de ce beau temps pascal, de cette longue Pâque, étendue d’abord sur huit jours comme un seul jour, puis sur l’ensemble de la quarantaine, de la cinquantaine même qui conduit à la Pentecôte, il est question de l’Esprit. Grand est notre Dieu l’Esprit ! Ce n’est pas parce qu’Il vient après le Verbe qu’Il est moindre que lui ! Bien au contraire, Il est glorifié comme le Père ; Il est glorifié avec le Fils ; Il reçoit, dit le Symbole de la Foi, « même gloire et même adoration » que le Père et le Fils ! En ce jour, un beau signe de l’Esprit est cette eau bouillonnante de la piscine de Bethesda, elle-même figure de l’Église, « piscine des brebis », dont le Sauveur est le Pasteur.

La religion renouvelée

L’épisode de ce jour a lieu après l’entretien avec la Samaritaine, quand Jésus Christ annonça la religion en Esprit et en Vérité. Nous y sommes aujourd’hui, dans cette religion, nouvelle en quelque sorte, quoique le Sauveur ne soit pas un fondateur de religion. L’Église, Maison de la Miséricorde : la miséricorde n’est pas un  sentiment ou une disposition psychologique attribuée à la Divinité. Non : la miséricorde est une énergie divine et incréée ; une puissance de création ou de renouvellement de la créature. Cette grâce, qui a sa source dans la Personne du Père, comme toute grâce, est conduite par l’Esprit et manifestée dans le Fils. Nous voyons l’eau bouillonner sous l’effet de cette puissance, quand l’Ange de la miséricorde divine descend, annonciateur de la venue de l’Esprit.

La Maison de la grâce

L’Église, Maison de la grâce, est le lieu où le Verbe fait miséricorde ; elle est le lieu où descend l’Esprit. Elle est le lieu du baptême d’eau et d’Esprit. L’Église, Piscine des brebis : on y lavait les victimes offertes en sacrifice au Temple, on y lave de leurs péchés les catéchumènes dont la vie sera une offrande agréable à Dieu. Le Verbe, Maître de la Loi, commande au paralytique de porter son grabat un jour de sabbat. Mais Il est également le Donateur de l’Esprit, et Celui qui baptise dans l’Esprit. En effet, cet homme qui ne pouvait tout seul s’immerger dans les eaux charismatiques de l’Église reçoit du Verbe en personne la grâce de la miséricorde, la grâce du baptême dans l’Esprit. L’Esprit descend de façon autonome certes. Mais c’est le Verbe qui nous immerge en lui.

Le baptême dans l’Esprit

Et le baptême dans l’Esprit est ici appelé « guérison » parce que l’homme est guéri de l’ignorance de Dieu. Santé, mouvement, déplacement, mobilité, autonomie, ce sont là les signes de l’Esprit. Nous aussi, nous préparant avec ferveur à la Pentecôte,  nous attendons du Verbe ressuscité qu’Il nous immerge dans l’Esprit descendu sur lui et sur son Église, et nous guérisse de toute paralysie, de toute sclérose religieuse, de toute étroitesse, des maladies de la religion que sont le formalisme, le ritualisme, le moralisme, le nationalisme et le repli sur soi. Le Christ effectivement produit une version neuve de la religion, version qui s’appelle liberté des enfants de Dieu, liberté dans l’Esprit saint, culte en Esprit et en Vérité.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 10 mai 2020)