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Évangile du 19eme dimanche après la Pentecôte : Luc 7, 11-16.

Le Christ Médecin –

Le temps après la Pentecôte, période liturgique la plus longue du calendrier, est celui où est manifesté le pouvoir miraculeux de l’amour de Dieu. Le Christ Seigneur n’agit pas comme un magicien, un thaumaturge, ou même comme un médecin compétent. On ne le voit pas proposer de médecine particulière, homéopathique ou allopathique, chirurgicale ou autre. Au contraire, on voit, dans l’évangile de ce jour, qu’Il agit par sa parole. Il est le Verbe du Père, la Parole en personne.

La Parousie

Et la Parole est agissante, d’abord par sa présence. Elle est une parole faite chair, faite homme, une parole divino humaine. Sa seule présence, sa « parousie » ou présence parmi et avec nous, est active, parce que les énergies divines et incréées, mariées aux énergies créées de son humanité véritable, débordent de sa personne divine à travers sa chair humaine. C’est une parole pleine d’audace, parce qu’elle est divino humaine, et quand le Christ Seigneur dit à une personne brisée de chagrin et désespérée « ne pleure plus ! », Il sait ce qu’Il dit. De même,  quand Il dit « que la lumière soit ! » ou « faisons l’homme.. », Il sait ce qu’Il dit.

Parole créatrice

Les paroles les plus paradoxales et les moins compréhensibles que rapporte le saint Évangile sont à interpréter comme celles que prononce avec toute sa puissance divine et divino humaine Celui qui, avec le Père et l’Esprit, a tout appelé du non-être à l’être. « Je te le dis, dit le Verbe et Fils unique du Père, Je te le dis : réveille-toi ! » C’est la même injonction que celle qu’Il adresse à Lazare : « Sors ! Viens ! ». La divinité se manifeste ici avec toute sa puissance et son autorité créatrices. Les cieux et la terre, le non-être et l’être, le visible et l’invisible, la mort et la vie, et toutes les puissances de l’univers obéissent à la voix de leur Créateur, leur Souverain et Maître de tout. Renouvelons en nous le charisme de la crainte de Dieu à l’audition de cette parole qui fait trembler tout ce qui est, et qui fait être ce qui n’est pas. Purifions-nous d’une sensibilité sécularisée qui ne voit en Jésus que l’homme.

Une théophanie

Que l’œil de notre esprit contemple sa majesté ; que notre oreille soit saisie du son de tonnerre qui sort de la bouche du Dieu Homme : « Ne pleure plus ! Réveille-toi ! » Que notre cœur soit brisé d’adoration devant le Trois-fois-Saint qui commande ici en Seigneur, en Maître, en Pantocrator de nos églises. Terrible et semblable au grondement du tonnerre est cette parole divine sortie des lèvres du Verbe incarné… Mais, comme elle est douce, tendre, affectueuse, consolante, caressante, maternelle, féminine, cette parole « ne pleure plus… réveille-toi… » La parole qui tonne est en même temps délicate comme le murmure qu’entendit le prophète Elie. Le Verbe parle dans un souffle, celui de l’Esprit, infiniment doux Consolateur. Ému pour la personne humaine jusque dans ses entrailles humaines, la Divinité prononce des mots pleins d’amour, remplis de la force créatrice de l’amour, de l’énergie thérapeutique de l’amour, de la force résurrectionnelle de l’amour.

L’amour fait être

Par amour pour l’homme, Dieu le Père envoie Dieu le Fils par la puissance de Dieu l’Esprit. Par amour, le Verbe du Père se fait homme et se fait chair par la grâce de l’Esprit du Père. Quand le Seigneur, au Paradis, prononce la grande parole « faisons l’homme », c’est avec tout son amour ; Il annonce « ne pleure plus » et « réveille-toi », ses paroles sont articulées avec le même amour. Quand Il dit « faisons l’homme », Il le dit avec une prédisposition divine à éprouver dans ses entrailles la compassion qu’Il aurait, devenu homme, pour la personne humaine. Le Seigneur crée par l’amour, Il guérit et ressuscite par l’amour, et Il sauve par son amour miséricordieux.

(Radio Notre-Dame « Lumière de l’Orthodoxie » 7.10.2018)

> icône du fils de la veuve de Naïm