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Évangile du 20ème dimanche après la Croix (de Zachée) : Luc 19, 1-10

Le Créateur en son monde –

Comme les dimanches précédents, l’évangile de ce jour nous montre le Fils de Dieu et Fils de l’Homme déambulant de par le monde qu’Il a créé et dans lequel Il est chez lui. Le Créateur arpente la Création toujours dans la même direction : vers Jérusalem ! Tous les itinéraires de Jésus Christ rejoignent la Ville, le sanctuaire de sa Pâque. Toute l’activité terrestre du Verbe incarné est orientée vers la mort et la résurrection, enjeu évident de l’Incarnation, sa venue dans le monde. Et nous le voyons à nouveau à Jéricho, comme dimanche dernier, dans la ville la plus basse du monde, symbole vivant du monde déchu, un monde qui touche son propre fond. Le Fils de Dieu est venu dans le monde au moment de l’Histoire où celui-ci est au plus bas, politiquement, culturellement et religieusement, il est facile de le montrer. Il a choisi cette opportunité historique : le monde étant aux confins de la mort et de l’enfer, le Créateur assume cette situation d’urgence, quand tout est, dit-Il, « perdu ».

Le Sauveur du monde

C’est pourquoi Il dit de lui-même : « le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Cette phrase divine justifie la proclamation de l’évangile de Zachée aux portes du grand Carême ; elle explique, si l’on peut dire, le Carême, l’évènement pascal, la Croix et toutes ses conséquences. L’Histoire universelle montre que, depuis le Paradis, la Création, loin d’être livrée à elle-même, est l’objet de tous les soins de son Seigneur jusqu’à la venue du Fils de l’Homme. Saint Basile, dont nous allons bientôt célébrer la liturgie, le dit bien : « Tu as disposé pour [l’homme déchu] le salut par une seconde naissance, en ton Christ lui-même. Car Tu ne t’es pas entièrement détourné de ta créature que Tu avais faite, Toi qui es bon ; Tu n’as pas oublié l’œuvre de tes mains, et Tu l’as surveillée avec soin, de beaucoup de façons, selon les entrailles de ta miséricorde. Tu as envoyé les prophètes ; Tu as fait des actes puissants par tes saints qui de génération en génération te furent agréables. Tu nous as parlé par la bouche de tes serviteurs les prophètes qui nous ont annoncé le salut qui devait être. Tu nous as donné une loi pour nous aider; Tu as placé des anges comme gardiens. Mais quand arriva la plénitude des temps, Tu nous as parlé en ton propre Fils, par qui Tu as également fait les siècles. »

La manifestation de l’amour

Toute l’économie du Salut est ainsi résumée par le Verbe chez Zachée le publicain : Il vient « chercher et sauver ce qui était perdu ». La venue du Seigneur dans le monde manifeste son amour. « Le cœur du Fils unique, du Roi des cieux, est blessé d’un éternel amour pour vous », écrit un saint. Le Seigneur est compatissant et son cœur saigne d’amour pour les pécheurs qui se sont librement éloignés de son amour et de sa familiarité. L’amour de Dieu pour ses créatures est tantôt joyeux, tantôt douloureux, la sainte et vivifiante Croix le montre. La compassion, charisme sans limite du saint Esprit, anime le Père et le Fils dans leur projet pour le monde. Aussi bien saint Irénée que saint Maxime disent que le plan de Dieu était de révéler au monde dans le Fils l’homme parfaitement ressemblant au sceau de son image. Par le péché, ce plan infini a pris la forme de la Croix, de la communion divine à la déchéance humaine, le Fils se faisant par le saint Esprit plus bas que tout, au-dessous de tous, inférieur à tous pour tous les élever vers le Père. Et ce plan prend également la forme de la vie personnelle de chacun d’entre nous…

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 3 février 2019)