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Évangile du 22ème dimanche après La Croix : Matthieu 15, 21-28

L’avant carême –

En ce temps de préparation au saint et grand carême de Pâques, la figure de la Cananéenne est emblématique. L’Esprit saint nous propose d’y reconnaître chaque fidèle qui, de façon toute personnelle, se présente devant le Christ invisiblement présent et lui avoue l’impureté de sa vie. Cette démarche est un des principaux contenus du sacrement de la confession ; et la réponse du Seigneur correspond à une absolution, à ce déliement dont le charisme a été confié aux Apôtres et à leurs héritiers. Telle peut être notre entrée dans le Carême : préparons-nous à faire une confession sincère, à dire la vérité sur nous-mêmes et à implorer avec insistance la guérison de notre âme.

La maladie de l’âme

Celle-ci est malade des conséquences du péché. La maladie de l’âme et du corps n’est pas une fatalité, elle n’est pas le fruit du hasard, elle n’est pas un châtiment juridique, elle n’est pas non plus, ou seulement, la conséquence organique de disfonctionnements corporels ou d’une mauvaise alimentation. La maladie et la souffrance, comme la mort elle-même, ces désordres dans la Création, sont des conséquences du péché, c’est-à-dire d’une interruption plus ou moins grave de la circulation de la grâce depuis sa source divine jusqu’aux profondeurs de notre être. Le péché dégrade notre relation avec le Créateur.

Les conséquences du péché

Ses conséquences ressemblent à ce qui se passe en cas de déconnexion d’un circuit : l’alimentation du système est interrompue et le système se détériore, il tombe en panne, ou il se détruit. Dans le cas de l’homme et de la Création, le système se corrompt ou se décompose. Il y a quelques dimanches nous avons reconnu dans la lèpre une figure des conséquences du péché : insensibilité au mal et décomposition. Un mouvement de la conscience, dont la Cananéenne donne l’exemple, consiste à constater honnêtement les dégâts produits dans l’homme intérieur par cette rupture, ou cette oblitération, des canaux naturels par lesquels passent la grâce et la communication divines.

La guérison

La perte de la familiarité divine, qui est un des symptômes du péché et de la mort, est ce qui sera en premier restauré par la confession de nos péchés. La décision d’être vrais devant Dieu pousse la porte que notre péché avait pu fermer. Nous nous ouvrons au Seigneur de cette façon, de façon plus ou moins pressante. Et le Seigneur, qui n’attend que cela, et qui ne veut pas se substituer à notre décision pour ne pas détruire la liberté qu’Il a Lui-même créée, accueille notre supplication. A nous comme à la Cananéenne, Il dira mystérieusement : « Grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ce que tu veux ! » Le miracle de l’absolution, qui met la mort à mort, qui délie les fautes et rétablit la circulation des énergies divines dans la familiarité divino humaine, résulte de la rencontre de la volonté humaine et de la volonté divine.

Les deux volontés

Pendant le grand Carême, nous allons apprendre cela : vouloir ce que Dieu veut ! Aimer ce qu’Il aime ! Or, que veut le Seigneur, si ce n’est le Salut de sa créature, son bonheur, son épanouissement, sa joie, la santé de son âme et de son corps ? C’est tout ce que cette belle créature souhaite pour elle-même et pour ses proches, pour ses ennemis eux-mêmes et pour le monde entier. Apprenons à vouloir ce que le Seigneur veut pour nous et nous connaîtrons la santé, la sainteté et le Salut en ce monde et dans le monde qui vient !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 14 février)
> fresque de la Cananéenne avec sa fille