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Évangile du 2ème dimanche après la Croix : Luc 5, 1-11.

Comment se représenter Dieu ? –

Dimanche après dimanche, en ce temps qui suit la Pentecôte et, tout récemment, l’exaltation de la Croix, nous apprenons à renouveler la façon dont nous nous représentons notre relation avec Dieu. Celui-ci, Dieu le Verbe, se montre continuellement un Maître et un Pédagogue dans le saint Évangile. Son œuvre et sa mission consistent essentiellement à restaurer l’image que nous nous faisons de la Divinité et, par conséquent, de la foi, de la religion et de toute notre vie. Nous vivons sous les yeux de Dieu, comme nous y initie l’architecture chrétienne, romane, byzantine, slave ou africaine : le Verbe contemple, du haut d’une coupole ou depuis la paroi de l’église, les personnes humaines réunies.

Vivre sous son regard

Et l’évangile de ce jour nous montre comment vivent les hommes en présence de la Divinité et sous son regard. Le Seigneur est d’abord celui dont nous écoutons la parole en nous groupant autour de lui. Notre expérience de Dieu est biblique : nous formons tout simplement une communauté qui « écoute » et cela fait de nous l’Israël ou Peuple de Dieu. Nous sommes des « auditeurs », des « écoutants », des « disciples » : des « apprenants » ou élèves de notre Maître Adonaï. Et, comme les apôtres en ce jour, nous faisons ce que Dieu nous dit : nous poussons la barque de notre quotidien et, quand les échecs nous découragent, nous nous remettons au travail parce que le Seigneur nous dit de le faire. Écouter Dieu se traduit ainsi par lui obéir : non de façon servile, obséquieuse et timorée, mais par amour.

« Par amour »

Une grande religieuse de notre temps, Marie-Madeleine de Barfleur, le disait à ses Sœurs : « ne faites rien par crainte ; faites tout par amour ». Le, ou la disciple fait tout par amour pour le Christ Dieu, Seigneur et Sauveur. L’image qui nous est présentée de la Divinité est celle d’une sagesse pleine du discernement de ce qui est bon pour nous et pour tous les hommes. Et la Divinité, créatrice du ciel et de la terre et auteur des miracles, nous inspire, comme à Pierre en ce jour, une profonde révérence : nous nous sentons minuscules et souillés devant sa face, tellement Elle est majestueuse !

À couper le souffle…

Comme les premiers et premières disciples, notre cœur est envahi par la stupeur : nous sommes muets d’admiration, d’adoration et d’amour devant le Seigneur, sa beauté, sa bonté et sa générosité. Notre amour pour le Seigneur nous coupe le souffle : avant de le célébrer, nous sommes muets comme les poissons pêchés aujourd’hui ! Mais la Divinité qui est venue dans le monde pour façonner à nouveau l’image qu’Elle veut donner d’elle-même nous rassure avec une mansuétude paternelle. Elle ne veut pas terroriser les hommes. Elle veut qu’ils connaissent la crainte révérencielle, mais non la peur. Dieu le Fils, en ce jour, manifeste la paternité de son Père et de notre Père. Notre religion, qui est celle de l’amour, est une admirable construction de crainte religieuse, de familiarité avec la Divinité, de confiance et de coopération divino humaine, car le Seigneur nous envoie faire sa volonté !

(a.p. M.-A., Radio-Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », le 26.9.21)
> vitrail de sainte Marie-Madeleine de Barfleur