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Évangile du 2ème dimanche après Pentecôte : Matthieu 4, 18-23.

L’Église locale et les saints –

En ce deuxième dimanche après la Pentecôte, chaque Église locale, c’est-à-dire l’unique Église du Christ présente en sa totalité et sa catholicité dans chaque lieu suivant le  principe de territorialité, rend hommage aux saints qui ont vécu sur son sol depuis les premières communautés réunies autour de l’Évêque. Le territoire peut être une région, un département, une province, un pays tout entier, du moment qu’il a pour norme ecclésiale la communion avec l’Évêque. Là où est l’Évêque, là est l’Église, dit l’adage patristique. Les saints d’un territoire épiscopal ou diocèse ou encore évêché sont reconnus d’abord par leur foi, et la rectitude de leur foi en union avec l’Évêque, gardien avec eux de la vraie foi. Pensons que, à son époque, saint Hilaire de Poitiers défendait la tradition des Apôtres et des Pères devant des conciles entiers composés, comme à Béziers, d’évêques ariens.

Répondre à l’appel

Les saints sont d’abord ceux qui répondent à l’appel du Christ : « suis-moi ! » Le saint est le chrétien véritable qui croit en Jésus Christ, qui croit Jésus Christ sur parole, et qui croit en lui tel qu’Il est : Seigneur, c’est-à-dire Dieu, Créateur du ciel et de la terre, Sauveur, Dieu véritable et Homme véritable, Fils unique engendre du Père. Le saint, le vrai chrétien, ne suit pas n’importe qui, il ne croit pas le premier venu : Il croit en Dieu et il croit Dieu, en l’occurrence Dieu fait Homme, « marchant le long de la mer de Galilée », comme n’importe quel homme. Apparemment, Jésus est un homme parmi les autres, un rabbin parmi d’autres, un prophète de plus dans la longue série des prophètes d’Israël.

L’unique Pasteur

Pourtant, comme Il le dit Lui-même, Lui seul est la Porte, et le Pasteur qui fait franchir aux brebis la porte du Royaume. C’est lui, et pas n’importe qui, que suivent les saints, en qui ils croient et qu’ils peuvent croire sur parole. L’identité de Jésus Christ est incontournable pour la foi. C’est bien parce que Jésus est Seigneur que les saints croient dans son pouvoir créateur. Faisant mémoire de tous les saints qui ont vécu sur son sol, chaque Église  locale se rattache ainsi à tous ceux et toutes celles qui, depuis les premières communautés locales, ces communautés urbaines que nous connaissons par les Actes des Apôtres et par les lettres que leur ont adressées les Apôtres comme saint Paul ou les Pères comme saint Ignace ou saint Polycarpe. Tous les saints de toutes les régions de la terre et de tous les temps ont, comme les premiers apôtres et disciples, suivi Jésus Christ et cru en lui.

Croire Jésus

Tout chrétien, comme nous le rappelions dimanche dernier, a répondu à la question pré baptismale « crois-tu en Jésus Christ ? ». Tous les saints ont de la sorte prouvé l’action du saint Esprit dans le monde : c’est par le saint Esprit qu’ils ont entendu l’appel de Jésus et qu’ils y ont répondu. C’est par le saint Esprit également qu’ils ont pu propager le message du Fils de Dieu venu dans le monde. Aujourd’hui nous faisons mémoire à la fois de l’appel des premiers apôtres et de l’appel auquel ont répondu tous les vrais chrétiens de nos pays respectifs. Nous faisons également mémoire de tous ceux qui aujourd’hui entendent la parole de Dieu et qui suivent le Seigneur Jésus, ainsi que de tous ceux, nos enfants, nos proches, nos compatriotes qui répondront au même appel.

Connaître le Seigneur personnellement

Tous connaissent Jésus Christ personnellement par le saint Esprit et c’est pourquoi ils croient en lui et le suivent. Tous, évêques, prêtres, diacres, fidèles, s’inscrivent dans la lignée apostolique de l’Église par la même foi dans le Seigneur Jésus Christ et par la foi en lui. Tous ont également la capacité de répandre cette foi autour d’eux et de se montrer ainsi des personnes apostoliques et missionnaires, non seulement par la parole, mais par l’exemple et la contagion de leur amour, de leur foi, de leur joie et de toute leur vie sanctifiée par la grâce du saint Esprit. C’est Lui,  le divin Esprit, qui descend comme un feu, comme une douce colombe, comme une rosée matinale sur ceux qui reconnaissent Jésus comme Seigneur.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 30 juin 2019)

> icône de saint Ignace