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Évangile du 3eme dimanche après l’Avent : Matthieu 25, 14-30

L’ascèse de la joie – 

Noël se prépare dans une belle quarantaine où nous nous exerçons à la joie divine. Nous voulons entendre en Esprit et en vérité la joie des anges et des bergers ; notre cœur rêve tressaillir au chant céleste : « gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Paix sur la terre ! Bienveillance parmi les hommes ! » Et, plus que tout encore, notre désir est grand d’une authentique communion eucharistique dans la sainte nuit de la Nativité. Ici est l’enjeu de la vie ecclésiale : que l’homme puisse jouir de la joie divine. Le Fils unique et Verbe de Dieu le dit: Je suis venu dans le monde pour que les hommes aient ma joie en plénitude ! (Jn. 17, 13).

Le désir du Dieu vivant

Nous ne nous pouvons nous contenter d’une vie privée de l’allégresse des saints et des anges ; nous avons faim et soif de l’exultation de l’Esprit ; nous ne voulons pas d’une religion formelle, morale ou rituelle. Nous aspirons à une véritable expérience du Christ par le saint Esprit, à une authentique expérience de l’Esprit dans le Seigneur Jésus Christ. Le Fils de Dieu nous appelle à être ses disciples pour que nous nous réjouissions au banquet eucharistique et nuptial, célébration de son amour manifesté dans le monde, à la saveur, au goût et au parfum de lui-même. « Prenez, mangez, buvez, voici mon corps, voici mon sang ! »

L’allégresse eucharistique

Les grandes périodes liturgiques du carême pascal, du jeûne des Apôtres, de la Dormition et de l’Avent, venue en gloire du Fils de l’homme, sont des itinéraires d’allégresse charismatique. Ils nourrissent à l’avance notre impatience, notre faim et notre soif du Dieu vivant, accessible dans son Corps très pur et son Sang précieux. L’expérience eucharistique est le sommet de l’expérience humaine, le point culminant de la vie dans l’Esprit : la divine Résurrection et la non moins divine et vertigineuse Descente de l’Esprit s’y rencontrent pour le délice de notre cœur conscient ; elles s’y rejoignent dans l’humanité déifiée de la Personne divine du Verbe.

Bethléem

La chair et le sang divins qui peuvent nous enivrer nuptialement sont ceux de l’enfant vénéré à Bethléem, dans la grotte eucharistique du Salut de tous les hommes qui entendent la Parole : Venez à moi ! Vous êtes écrasés : Je vous soulagerai ; vous avez faim et soif de vie éternelle : Je vous rassasierai et vous n’aurez plus jamais soif, comme il fut dit à la Samaritaine. Or, cette plénitude est accessible selon la façon dont nous gérons la grâce plus précieuse que de l’or, le talent baptismal que nous aurons fait fructifier au cours de notre vie, et déjà au long de cette belle quarantaine ! Nos dons charismatiques sont les arrhes de la joie parfaite qui est la nôtre quand, de nouveau, avec gloire, le Seigneur vient dans notre vie, dans notre cœur, à chaque célébration eucharistique..

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 1er décembre)
> icône de la rencontre du Christ avec la Samaritaine