Imprimer cet article Imprimer cet article

Évangile du 5ème dimanche de l’Avent : Luc 14, 16-24

Le sens de l’Histoire –

À l’approche de Noël, la Parole dévoile progressivement le sens de notre histoire humaine universelle. Pensons-nous à cela ? Savons-nous que l’Évangile est la clef des journaux que nous lisons, des émissions que nous suivons, des réseaux sociaux qui nous fascinent, le sens actuel et ultime de l’actualité ? La société civile doit en deviner quelque chose, elle qui, en harmonie avec le début du Carême de l’Avent, dès la mi- novembre, a commencé à orner ses magasins et ses rues de lumière et de cadeaux virtuels balancés au gré du vent dans nos grandes villes et nos villages. Oui : quelque part le monde sait, en dressant un sapin par-ci ou un Saint-Nicolas barbu et vêtu de rouge par-là, que Dieu est le Seigneur de l’Histoire et qu’Il attend tout homme et toute femme, tout enfant et tout vieillard, chaque pauvre et chaque riche, chaque bien portant et chaque estropié de la vie, à la table de son banquet et de sa joie. Par quel subtil instinct, en amont du consumérisme et du commerce, tout homme sait qu’il est l’invité de son Seigneur ?

L’Esprit saint et le monde

Croyons que l’Esprit saint, l’Esprit du Père céleste, l’Esprit de paternité, de convivialité divine et de joie, est à l’œuvre dans le monde qui pourtant l’ignore. Il agit subtilement, comme une eau qui sourd entre les joints des vieux murs de notre civilisation. Braise mal éteinte de la foi chrétienne ancestrale, Il sourd, comme l’on dit, et sa façon de sourdre dans le monde, de se faire source de consolation et de joie pour tous ceux qui le veulent, est la consolation des saints et des justes. C’est Lui, l’Esprit de la divine consolation, qui parcourt les chemins de ce monde, qui bat les buissons de nos préoccupations vaines et promises à la mort, pour nous inviter à la vie. Mais Il agit ainsi, par le ministère des anges et celui des saints. Le chrétien conscient prie, en ce temps d’avant fête, pour que tous les hommes soient sauvés. Il invoque tous les jours l’Esprit saint sur le monde.

L’intercession des saints

Les saints ont la forme de l’orant qu’adopte la Mère de Dieu sur les fresques des catacombes. Les saints et les justes sont dans une épiclèse continuelle pour le monde, pour l’envoi dans le monde, par la bienveillance paternelle de Dieu, des anges qui convaincront, qui persuaderont que la vraie vie est promise à tous, que le banquet de l’amour divin est une invitation universelle, que « beaucoup », sinon tous, sont appelés, invités et attendus. Par le ministère des anges et des saints, l’Esprit du Père « insiste », l’évangile nous le dit, pour que le plus grand nombre goûte au banquet du Fils. L’Histoire humaine se déroule à l’ombre de la lumière trine du Père, du Fils et du saint Esprit. Le monde n’est pas absurde. Une main providentielle et aimante le guide et l’accompagne depuis les « chemins et les clôtures » bornés par la mort vers l’espace largement ouvert et préparé de la bienveillance et de l’hospitalité divine.

L’Hôte divin

Le Dieu qui s’est révélé à nos Pères est l’Hôte par excellence, l’Invitant par excellence. Le mystère eucharistique est la clef de l’Histoire : « avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ! », tel est l’appel qui résonne dans chaque célébration de l’unique et divine liturgie, pour tous les hommes. Noël est un vaste appel à communier au Banquet de la sagesse et de l’amour divins.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 16 décembre 2018)