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Évangile du 5ème dimanche de l’Avent : Luc 14, 16-24.

Remplir nos églises –

La parabole de ce jour est bien d’actualité ! D’une paroisse à l’autre, on se prépare à recevoir « beaucoup de gens » au « grand dîner » préparé par le Seigneur Lui-même en l’honneur de la glorieuse naissance humaine de son Fils et Verbe ! Les fidèles ne se désisteront pas, trop heureux de participer à la fête divine du Fils de l’Homme, de sa Mère très pure, de saint Joseph le Juste, des cohortes angéliques et des bergers accourus jusqu’à Bethléem ! Nous ne souhaitons qu’augmenter la capacité de nos églises, malgré l’épidémie et le danger que présente la promiscuité.

Les élus

Les fidèles se presseront à la porte jusqu’à atteindre le nombre fixé, comme, au dernier Jour, les élus formeront une foule à l’entrée du Royaume. D’innombrables personnes sont et seront appelées ; peu nombreuses seront les élues, non par manque de place, mais par impréparation personnelle. La parabole de ce jour donne le juste critère. Même s’il est légalement possible de tenir à plusieurs centaines dans les plus grands lieux de culte, la présence authentique, et le véritable nombre des élus, tiendront à la foi de chacun, à sa ferveur, à son amour pour le Seigneur et pour le prochain, à la profondeur de son repentir, à la sincérité de son jeûne, et surtout à la vérité de sa foi.

L’invitation du Père céleste

Le Maître de maison, le Seigneur en personne, notre Père céleste, « insiste pour faire entrer les gens, pour que sa maison soit remplie ». Il publie des invitations et recrute des fidèles parmi ceux qui sont les plus éloignés apparemment de la foi. Le temps du jeûne de la Nativité révèle l’enjeu véritable de la création du monde et de la première venue du Verbe parmi les hommes : organiser une fête magnifique ; réjouir les gens ; consoler les affligés ; nourrir ceux qui ont faim non seulement de pain mais de justice et de paix ; permettre au plus grand nombre de connaître Dieu en se nourrissant de sa chair et de son sang. La préoccupation des chrétiens en temps d’épidémie et de confinement est la même. Le souci pastoral est celui du Père : accueillir au maximum les hommes et les femmes de notre temps à la table eucharistique. Notre foi eucharistique découle de l’amour du Père pour tous les hommes.

Notre foi eucharistique

Au-delà ou en-deçà de rites, le souci du Père céleste et de son Fils présent dans le monde par le saint Esprit a toujours été que le Corps et le Sang du Dieu-Homme soient offerts en nourriture à tous. L’invitation à la communion est claire : « avec crainte de Dieu, foi et amour, approchez ! » ; « voici l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde! Approchez avec crainte de Dieu, foi et amour ! » C’est pour cela que nous voulons ouvrir nos églises ou célébrer l’Eucharistie, comme les premiers chrétiens, dans n’importe quel endroit possible, une maison, une grange, une salle louée, une grotte, en prison, dans les camps… Le Grand Dîner sera préparé en tout lieu et personne ne tordra plus le nez devant le divin menu de l’agape divino humaine et sublime !

On ne tord plus le nez

Les enfants gâtés ont autre chose à faire, l’évangile de ce jour le raconte. Mais, les temps que nous vivons, particulièrement en ce carême de Noël, sont donnés pour la redécouverte eucharistique, le renouvellement de notre faim et de notre soif de Dieu – car c’est bien Dieu Lui-même qui se donne en nourriture et en breuvage d’immortalité ! L’Église du Père, du Fils et de l’Esprit est essentiellement la salle d’un banquet et tous, non avec négligence, mais avec impatience, font le choix de répondre à la sublime invitation : « recevez le Corps du Christ ! Buvez à la Source immortelle ! » ; « Prenez ! Mangez ! Buvez ! »

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 13 décembre 2020)