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Évangile du 7ème dimanche après la Croix : Luc 16, 19-31

« Écoute, Israël ! »

Nous venons d’écouter l’histoire typiquement juive de Lazare le pauvre et du riche sans nom,  qui illustre la Loi. Le Verbe Lui-même, en bon rabbin, donne à la Loi et aux prophètes toute leur autorité. Écouter la Torah, c’est écouter Dieu lui-même parler dans la loi qu’Il donna par l’intermédiaire de Moïse, et par les prophètes ses porte-parole. L’accent juif mis sur l’écoute, typique du Messie Jésus, oriente notre attention vers celle qui a par excellence écouté la Parole ; qui, non seulement, l’a écoutée comme tout auditeur de la Loi et des prophètes, mais l’a conçue dans sa propre chair, l’a assimilée de façon telle, l’a épousée à tel point qu’elle en est devenue féconde, qu’elle a été enceinte de la Parole divine en personne, l’a portée et nourrie de son sang, et l’a finalement mise au monde, lors du plus grandiose accouchement qui ait jamais eu lieu : celui de l’humanité nouvelle, de l’Adam nouveau.

La mère de l’humanité nouvelle

La Vierge Marie est célébrée comme Mère de Dieu parce que son écoute hors pair l’a placée plus haut que Moïse et que les prophètes. Elle seule a incarné totalement la Parole. Elle seule a été obéissante au point de donner Dieu, le Dieu-Homme, au monde. Elle seule a nourri le Verbe incarné de son lait, l’a enseigné petit enfant sur ses genoux en lui lisant paradoxalement, comme toute mère juive, la Torah qu’Il avait Lui-même donnée à son Peuple. Beaucoup de vierges se trouvent, beaucoup de jeunes filles sont appelées Marie, dit Jean Damascène : une seule est digne du nom de Théotokos. En elle le Verbe a voulu être humainement conçu : elle a été ainsi donnée comme mère au genre humain et de tout homme naissant en ce monde. Elle n’a pas seulement accouché d’un individu humain ; elle a mis au monde l’humanité nouvelle.

L’intercession de la Mère de Dieu

Dans son intercession maternelle, elle n’est pas entre Dieu et les hommes, en médiatrice, plaidant auprès d’un étranger ou même d’un ami ou un parent. Non : elle porte ses propres enfants devant la face du Père céleste ; elle les présente à côté de son Fils unique, comme d’autres fils et filles engendrés en elle par le saint Esprit. Pensons à cela. A Nicodème, le Messie dit que l’homme ne peut connaître le Royaume sans renaître. Et Nicodème demande s’il faut retourner dans le sein maternel. La réponse est positive. Le baptême est une incorporation au Fils de Dieu fait homme et il est simultanément une admission dans le sein de la Mère de Dieu et de tous les hommes, surtout de ceux qui croient. Par l’Esprit, l’homme peut naître d’en haut, en étant conçu du Père et affilié à la Mère très pure. C’est pourquoi, la Mère de Dieu est invoquée continuellement dans la prière de l’Église, dans  de nombreux acathistes, comme celui de la Protection, chanté au début de ce mois. Celle qui plus que tous a écouté son Dieu est devenue la femme sacerdotale qui intercède pour tous, les justes comme Lazare et les pécheurs qui se sont mis en enfer.

(a.p. M.-A. Costa, radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 31.10.21)
> icône de saint Jean Damascène – Atelier Saint Jean Damascène