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Évangile du 8ème dimanche après la Croix : Luc 16, 19-31

La miséricorde –

Les péricopes évangéliques que l’on entend le dimanche pendant le mois de novembre se rapportent au carême de Noël qui va s’ouvrir pour nous le 15 de ce mois. Le message commun à ces paroles successives concerne la miséricorde. Le Seigneur en effet vient dans le monde, par la conception virginale, par la divino humaine prégnance et par la mise au monde, et manifeste la totalité de son amour pour apprendre à ses disciples à aimer comme Il aime. Qu’est-ce en effet qu’être chrétien, baptisé, disciple ou apôtre de Jésus le Verbe, si ce n’est participer à l’amour divin pour le Père et pour les hommes ?

La déification de l’homme

Qu’est-ce en effet que le saint baptême si ce n’est la voie de la déification par l’acquisition de l’amour du Christ ? L’homme s’accomplit en se dépassant : « il se déifie peu à peu, c’est-à-dire devient capable d’aimer », écrit Olivier Clément auquel la revue Contacts consacre une belle édition spéciale. Le Verbe devenu homme pour apprendre aux hommes l’amour nous montre aujourd’hui, dans cette belle parabole, un homme incapable d’aimer. Celui-ci se montre incapable d’aimer le prochain, ce proche qui est à sa porte, incapable de compassion à son égard, incapable de se réjouir pour son salut, incapable même de le voir.

La paralysie du cœur

Ce mauvais riche vit l’enfer du non amour, ne voyant autrui, ni dans ce monde, ni dans l’autre, dans ce sein d’Abraham où Lazare était si bien, ayant « trouvé la consolation ». L’égoïsme qui fait de lui un handicapé de l’amour, un paralysé du cœur, prend la forme d’un égoïsme familial, caricature de l’amour, puisqu’il exclut l’étranger, que celui-ci soit à sa porte ou qu’il soit au Paradis. Le Fils de Dieu vient nous apprendre à aimer, en nous montrant par tout son comportement l’antithèse de ce riche.

Le Pauvre

Il vient en pauvre des biens de ce monde. Il ne s’habille pas « de pourpre et de lin fin » ; Il ne fait pas « chaque jour des festins somptueux » ; Il n’a pas une belle maison ornée d’un grand portail ; et Il n’a pas non plus, comme signe extérieur de richesse, un pauvre à sa porte. Le Fils de Dieu et Fils de l’Homme n’a rien ; toute sa vie, Il a habité chez les autres, et Il n’avait rien, s’Il dormait dehors, à mettre sous sa tête, pas même une pierre. Dieu n’a rien. Dieu est. Dieu ne possède pas : Il aime. Il veut nous apprendre cela, et que nous l’apprenions à nos enfants, que nous fassions dès aujourd’hui un programme familial pour le temps de l’Avent, ces six semaines du jeûne de la Nativité.

Programme de l’Avent

Nous pourrions ainsi apprendre à nous déposséder pour laisser dans notre cœur la place à l’amour. Nous pourrions, nous et nos enfants, apprendre à aimer plutôt qu’à jouir. Les tentations, en ce monde de consommation, sont grandes : on ne peut résister à l’appétit d’avoir et de jouir qu’en goûtant une gratification plus grande. Apprenons, et enseignons à nos enfants, comme il est agréable, doux, délicieux, consolant et pacifiant d’aimer, et de n’avoir rien d’autre à donner en cadeau de Noël que de l’amour, de la considération, un regard attentif qui remarque qu’autrui, le prochain, existe.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 3 novembre 2019)