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Évangile du 8eme dimanche après La Croix : Luc 8, 41-56. Et des Incorporels : Luc 10, 16-21.

Le monde angélique –

Au porche de la belle période du jeûne de Noël, les anges nous accompagnent. Le huit novembre, l’Église honore ensemble, en « synaxe », les saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël et toutes les puissances incorporelles. Tout ce que fait dans sa Création le Père céleste par son Verbe et son Esprit, Il le fait, escorté par le monde angélique. Les foules qui entourent le Dieu Homme « jusqu’à l’étouffer » sont le signe visible de la foule des Incorporels qui entourent le Verbe et s’approchent de lui jusqu’à le porter comme sur un trône. Nous voyons cette réalité invisible sur les saintes icônes et sur certaines fresques.

Coopérateurs de Dieu

Il y a ici un grand mystère : le Créateur qui n’a besoin d’aucune aide parce qu’Il est souverain et que c’est Lui qui, par sa seule volonté, fait exister, vivre et se mouvoir, a la liberté d’associer à son œuvre de Salut les créatures d’élite que sont ses messagers. En réalité, ce que nous savons du monde angélique nous apprend qu’il est très structuré, très organisé, sur le mode hiérarchique c’est-à-dire celui d’un ordre sacré. Les foules qui suivent le Créateur en ce jour semblent bien loin d’un tel ordre. Pourtant, elles convergent vers le Seigneur, le Chef suprême de qui elles reçoivent la grâce incréée, la lumière et la vie.

La divine hiérarchie

Au sommet de la hiérarchie incorporelle, le Verbe polarise en quelque sorte les esprits créés, comme le fait un aimant. Et dans la foule se fait sentir également une attraction extraordinaire vers le sommet de l’humanité. Nous contemplons une figure sensible de l’Église, qui atteste iconographiquement le réel incompréhensible et immatériel : le Souverain de tous les mondes, entouré du collège de ses apôtres, trône à la tête des foules. Mais Il ne se contente pas de cela, Lui le Roi doux et humble.

La mansuétude

Il se penche vers les petits de son peuple et Il leur parle avec une infinie et divine mansuétude : « Fille… va en paix… » et, plus loin : « petite enfant, réveille-toi… » Ainsi, en nos temps d’épidémie, de violence, de conflits latents ou déclarés, quand la mort de l’âme et du corps semble gagner, tendons l’oreille, car le Seigneur parle à l’humanité souffrante avec une infinie douceur. Le Fils unique et Verbe de Dieu adopte pour nous, au sein même de l’actualité tourmentée, une voix au timbre paternel : Il appelle la foule humaine « fille » et « petite enfant ». Si nous sommes aimés de façon si paternelle, si le Fils est à ce point la voix du Père céleste, quel espoir ! Comme nous allons être en paix ! Comme nous allons surtout nous réveiller !

L’éveil

Éveillons-nous à la douceur de cette voix maternelle du Dieu de tous ! Éveillons-nous pour accueillir son Fils qui vient avec gloire et croire en lui comme Roi et comme Seigneur. Que tous le raillent, que tous se moquent du Prince de la Vie, nous sommes dans l’enthousiasme de la foi, parce que le souffle, à nous aussi, revient !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 8 novembre 2020)