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Évangile du 9ème dimanche après la Pentecôte : Matthieu 14, 22-34

De tièdes apôtres –

Comme dimanche dernier, nous voyons aujourd’hui le Seigneur Jésus Christ avec les apôtres ; et, comme dimanche dernier, se présente le mystère de l’obéissance, qui découle de la relation de foi des disciples et de leur Maître. Ils répondaient mollement à sa demande de nourrir les foules, comme s’ils doutaient de lui ; aujourd’hui, dans des circonstances particulièrement difficiles, il faut le reconnaître, l’apôtre de référence doute encore. Il faut vraiment, comme pour la multiplication des pains et des poissons, que le Seigneur fasse un miracle sensationnel, pour que l’on croie en lui.

Fragilité de l’Eglise

Il le dit bien Lui-même à l’apôtre Thomas : Heureux ceux qui, sans voir de miracle, croient ! Heureux ceux dont la foi est pure ! Pourtant, saint Pierre avait eu la réponse à sa question « si c’est bien toi » : « viens ! », lui dit Jésus. La hiérarchie elle-même de l’Église est fragile… Le Christ dit aux apôtres de nourrir les foules, et ils rechignent ; s’étant fait reconnaître du coryphée des apôtres, Il l’appelle, et celui-ci prend peur. L’Église, pourtant, est « apostolique », elle est une hiérarchie de pasteurs dûment investis de la grâce pastorale par l’Esprit qu’envoie le Fils d’auprès du Père. Elle repose sur la vraie foi : « Tu es vraiment le Fils de Dieu ! », disent tous les apôtres, et les évêques, leurs successeurs.

Le Christ Tête

Les foules qui forment autour du Seigneur son Église sont fragiles et fatigables ; la barque Église est chahutée sur les flots de l’Histoire ; nos pasteurs sont faibles. Seul le Christ Fils de Dieu est à la tête de la foule des croyants ; seul, étant en personne dans la barque, Il en assure la stabilité. C’est Lui qui tient par la main nos hiérarques et qui les soutient. Une foule dont le Maître ne se soucierait par personnellement, une barque qui ne serait pas occupée par son pilote, l’Église sans la présence invisible de son Seigneur et Pontife, n’auraient pas tenu longtemps et ne tiendrait plus guère dans l’adversité.

La glorieuse Parousie

Il est indispensable que nous croyions que le Christ, comme Il l’a dit Lui-même, est avec nous jusqu’à la fin des temps ; qu’Il est présent par le saint Esprit comme Seigneur de tous les actes de son Corps l’Église ; qu’Il vient sans cesse par l’Esprit saint, comme Il le fait aujourd’hui, dans la nef où nous sommes embarqués par le saint baptême. Oui : non seulement Il viendra, mais, comme Il le fait aujourd’hui sur la mer, Il vient continuellement avec gloire juger les vivants et les morts et régner sans fin. Nous aussi, étant dans la barque, prosternons-nous devant lui en lui disant « Tu es vraiment le Fils de Dieu ! » Faisons cela aujourd’hui, dans chaque célébration de la divine liturgie et des autres saints mystères, comme nous le ferons au dernier Jour. Il vient de nouveau en gloire, et Il viendra !

Le Jugement dernier

L’évangile de ce neuvième dimanche après la Pentecôte nous enseigne sur le mystère de l’Église et, en particulier, sur la dimension eschatologique de la vie ecclésiale : maintenant et à la fin des temps, nous vivons la glorieuse Parousie ! A la tête du collège sanctifié de nos hiérarques trône le Pontife suprême, le Maître du ciel, de la terre et de la mer, celui qui répond à nos supplications quand nous crions, comme nos pasteurs, et avec tout le Peuple : « Kyrie eleison ! Miséricorde ! Seigneur, au secours ! Sauve-moi ! » Nous prions également pour tous les hommes, pour le monde entier et pour le salut de toute la Création. Et le Seigneur nous prend par la main, Il nous tend sa main en forme de Croix et nous la vénérons avec foi et amour.

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 29 juillet 2018)