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Évangile du dimanche 7 janvier 2018: Matthieu 4, 12-17 (Nativité et Théophanie)

Un dimanche particulier –

Aujourd’hui est un dimanche particulier pour les Orthodoxes. Pour les uns, c’est la Nativité du Sauveur, le 25 décembre; pour les autres, qui ont célébré cet évènement treize jours plus tôt, et qui ont glorifié, hier, 6 janvier, le glorieux baptême du Sauveur dans le Jourdain, c’est l’après-fête de la Théophanie! La coïncidence des deux évènements est belle… Le mot théophanie ou épiphanie, dit la manifestation de Dieu. L’Evangile entier est une théophanie: ce livre vénéré atteste que Dieu s’est fait homme pour se faire connaître des hommes et leur manifester son incompréhensible et merveilleux amour.

La Théophanie

Or, cette manifestation divine, reconnue par les anges, les bergers et les sages orientaux, attestée par le saint Précurseur, quand il crie „voici l’Agneau de Dieu qui assume le péché du monde!”, est attestée par le Père céleste, qui dit: „voici mon Fils bien-aimé!”, et par l’Esprit qui se montre reposant de toute éternité sur le Fils. Il n’y a pas de mots pour exprimer notre enthousiasme devant un tel mystère: le Fils manifestant aux hommes l’amour du Père, le Père confirmant Lui-même cette manifestation, et l’Esprit, en son vol sublime sur les eaux du Jourdain comme sur celles du premier jour de la Création, confirmant, comme alors, la parole du Père…

Le Christ, Théophanie permanente

Nous savons que la grande théophanie par laquelle le monde entier, invisible et visible, croyant ou incroyant, est sauvé des ténèbres de l’ignorance et connecté à l’amour éternel du Père, ne s’arrête pas là. Toute l’existence humaine du Verbe, le Dieu Homme, est une théophanie. Tous les jours, de la grotte de Bethléem aux rues de Capharnaum, de Cana à Jérusalem, le Seigneur trois-fois-saint se manifestait, touchant les coeurs et les intelligences par sa sagesse, rendant la vie par son énergie créatrice, guérissant par compassion, et, surtout, rencontrant, en Adam renouvelé, le visage de chaque fils d’Adam et lui parlant à tu et à toi. Théophanie, les rencontres dans les villages et les villes; théophanie, la transfiguration sur le Thabor; théophanie, la grande et sainte Semaine, la Cène mystique; théophanie, la Croix de douleur et d’amour; théophanie, bien sûr, la sainte et glorieuse résurrection du troisième jour, établissant le huitième et premier jour et le renouveau de tous les temps et de tous les mondes. Bethléem, Nazareth, Capharnaum, Cana, Jérusalem  – grands lieux théophaniques! Nous n’oublions pas la Pentecôte, théophanie suprême, quand l’Esprit, issu de l’unique source paternelle, envoyé par le Fils glorifié à la Droite, descendit glorieusement sur ceux qui croyaient en Jésus Christ et, par eux, sur tous les hommes et les femmes réunis dans la Ville. Les saintes icônes, la sainte et vivifiante Croix, le saint Evangile attestent constamment l’état théophanique de Dieu dans son monde.

L’épiclèse sur le monde

Le Seigneur Jésus Christ, en effet, est à la fois dans un retrait et un sabbat souverains, et dans une omniprésence vivifiante par la grâce du saint Esprit. Sans cesse, tous les jours, Il se manifeste par l’Esprit dans son monde, dans la vie de chacun des hommes, évidence pour ceux qui croient et qui voient, bienveillance invisible et implicite parmi tous les hommes! Nous qui croyons et qui voyons, nous qui savons, par la foi et par la grâce de l’Esprit, nous invoquons continuellement ce même Esprit, en incessante épiclèse : qu’Il descende, en son vol indicible sur tous les hommes, sur le monde entier! Qu’Il fasse connaître à tous la présence du Verbe parmi eux – amour glorifié ou amour humilié;  amour crucifié  ou amour triomphant. Esprit saint, Consolateur, Paraclet, comme Tu descends de façon atemporelle sur le Fils unique engendré; comme Tu révélas ta glorieuse descente; comme Tu descendis également sur les Apôtres réunis à Jérusalem: viens! Descends, encore et toujours sur les hommes et révèle-leur la présence parmi eux du Fils de Dieu: car Dieu est avec nous! Car Dieu est parmi nous! Car Dieu est au milieu de nous ! Car Dieu est perceptible au coeur humain – la grande théophanie est également mystique; elle illumine notre esprit uni au coeur – lieu théophanique par excellence.

(Radio Notre-Dame, „Lumière de l’Orthodoxie”, 7 janvier 2018)