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Évangile du dimanche de Pâque : Jean  1, 1-17.

L’évangile de la Résurrection – 

L’évangile de la divine liturgie ce matin de Pâques n’annonce pas la Résurrection ! C’est aux matines que nous avons entendu le message: « De grand matin, le premier jour de la semaine, [les femmes] allèrent au sépulcre, au lever du soleil. Elles se disaient entre elles : ‘Qui nous roulera la pierre à l’entrée du tombeau ? Levant les yeux, elles virent qu’on avait roulé la pierre : or elle était fort grande. Elles entrèrent  dans le sépulcre et virent un jeune homme, assis à droite, vêtu d’une robe blanche,  et elles furent effrayées. Mais il leur dit : ‘N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié : Il est ressuscité ; Il n’est plus ici ; voici le lieu où on l’avait déposé. Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez…’. » (Marc 16, 1-8).

Lumineuse évidence

L’évènement historique, le stupéfiant évènement qui plonge les gens dans l’effroi, est rapporté sur le témoignage des Myrrhophores qui ont vu, non le phénomène de la résurrection lui-même, puisqu’elles sont arrivées après qu’il se soit produit, mais son évidence. Elles ont contemplé sa lumineuse évidence, et elles ont reçu de la bouche d’un ange l’information en quatre termes : Jésus est ressuscité ; Il n’est plus à Gethsémani ; voici le tombeau ; rendez-vous en Galilée. C’est tout. Or cette information factuelle est lumineuse, luminosité et lumière ; l’ange vêtu de blanc est un ange et messager de lumière. Et cette lumière est bien celle qu’annonce l’évangile de la divine liturgie, le Prologue qui présente la lumière en Personne. Jésus de Nazareth et le Verbe tourné vers le Père est une seule et même Personne divine.

L’identité de Jésus Christ

Le mystère pascal est essentiellement la révélation aveuglante de l’identité de Jésus Christ, et il a, pour cette raison, un tout autre contenu que la Pâque conduite par le prophète Moïse. Aussi la Pâque du Christ doit-elle toujours être célébrée après la Pâque juive. Les deux évènements historiques ne peuvent être confondus, quelle que soit la véritable continuité qui les unit. Bien sûr, Jésus le Messie est l’Israël de Dieu en personne, passé de la mort à la vie, comme le figurait le passage d’Israël de l’Égypte vers la terre promise. Mais, Moïse était le porte-parole du Verbe et l’exécuteur de son projet de libération. Ici, le Verbe en personne, Lumière qui irradiait du Buisson ardent, manifeste Qui Il est dans le creux même de sa lumineuse absence ; le vide du tombeau est saturé par l’aveuglante identité de Jésus le Verbe. C’est un vide plein !

Lumière surgissant du Père

« Le Verbe est la Lumière véritable, qui illumine tout être humain, venant dans le monde », proclame l’Évangéliste et Théologien. Avant même les impressionnantes apparitions du Ressuscité, Celui-ci apparaît dans sa profondeur diaphane, « Lumière de vérité » qui procède du Père, de la ténèbre – non des ténèbres – de l’inconnaissance qui ne la retient pas, et, au contraire, l’envoie dans le monde pour illuminer les hommes. La Lumière vient dans le monde, non seulement en devenant homme et chair, mais en jaillissant comme lumière créatrice du monde et prolongeant l’Incarnation jusqu’à communiquer la filiation du Père. Le lever de ce matin du monde est la lumière cosmique : et la lumière supra cosmique englobe tout ; elle est Quelqu’un, la Personne divine du Verbe, cette Lumière joyeuse et communicatrice de joie que nous chantons tous les soirs, Lumière interpersonnelle et trinitaire : le Fils est lumière ; le Père est lumière ; l’Esprit est lumière, Trinité sainte, gloire à toi !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 28 avril 2019)