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Évangile du dimanche de Pentecôte : Jean 7, 37-52 0 à 8, 12.

Deux fêtes juives –

L’évènement de Pentecôte qui advient en ce jour porte deux richesses de notre tradition juive : Chavouot, fête des moissons, sept semaines après Pessah, est associée au don de la Tora à Moïse, rappelé par les feuillages dont on orne la synagogue ; on y lit le livre de Ruth, une païenne rejoignant le peuple de Dieu. Mais l’évangile de ce jour fait allusion à un autre évènement : « le dernier jour de la fête » de Soukkoth, fête des moissons ainsi que des cabanes fragiles où vécut Israël dans le désert. À cette occasion on procédait dans le Temple à une libation de l’eau ; on effeuille dans la synagogue des branches de saule. Les 70 nations du monde y sont appelées à se réunir à Jérusalem.

L’unité du peuple de Dieu

La divine Descente du saint Esprit sur les Apôtres, les disciples et les nations réunies à Jérusalem est ainsi admirablement cohérente avec l’expérience d’Israël ! Les feuillages sont ceux que nous répandons dans nos églises ; la libation de l’eau est reprise par le Messie quand Il s’écrie : « Si quelqu’un a soif, … que boive celui qui croit en moi ! Comme l’a dit l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive » ; et les moissons s’accomplissent dans les fruits de la Résurrection apportés par l’Esprit chez ceux qui croient. Notre pentecôte unit Chavouot et Soukkhot ; elle atteste l’unité et l’unicité profonde du peuple de Dieu. L’Esprit révèle en Jésus Christ la Tora en personne : Celui-ci incarne la Loi qu’Il a donnée au saint prophète Moïse. Il accomplit tout ce qu’Il a dit et enseigné. Et Il ose se désigner Lui-même comme « Lumière du monde », comme Celui qui donne à boire l’Eau vive du saint Esprit.

Accomplissement du judaïsme

La Pentecôte ecclésiale est ainsi à la fois l’accomplissement du judaïsme et la révélation du Seigneur Verbe et Esprit. Le Fils de Dieu est simultanément le Messie ; Il est la source seconde de l’Esprit qui surgit du Père. Nous le croyons, quand Il parle, car, comme disent justement les gens : « Personne n’a jamais parlé comme parle cet homme. » La Pentecôte est la force de notre foi. L’identité de Jésus Christ est révélée. Croyons en lui, croyons-le sur parole, et nous boirons de cette eau, l’Eau vive. Notre foi personnelle en Jésus Christ fait tout, Il le dit lui-même : « que boive celui qui croit en moi ». Tous n’ont pas l’Esprit. Crois en Jésus Christ, tu goûteras le breuvage de l’Esprit. De plus, crois en lui – mais il faut croire en lui – et tu seras, toi aussi, source seconde de la même Eau vive.

La foi et l’Esprit

L’Esprit jailli du seul Père, sourd du Fils, pour surgir bientôt de ses membres : dans les rameaux de la Vigne mystique coule le sang de l’unique et même Esprit. Qui croit dans le Maître de la Vigne et dans la Vigne elle-même devient le canal de l’Esprit vers le monde assoiffé de justice, de paix, d’amour, de lumière et de sagesse. Notre foi en Jésus Christ – mais, « crois-tu en lui ? » – contribue – ne l’oublions jamais – au salut de la Création et de la société humaine. Nous sommes baptisés pour l’amour du monde !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 16 juin 2019)