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Évangile du dimanche de Thomas : Jean 20, 19-31

L’Esprit vient – 

Dès le matin de Pâques, toute notre attention pourrait être orientée vers la venue du saint Esprit. Déjà la lecture du Prologue annonce l’Esprit quand il est question de ceux qui seront engendrés « de Dieu » par l’Esprit du Père. Et le Christ ressuscité apparaît aujourd’hui comme Celui qui donne l’Esprit. Certes, le Fils nous l’enseigne de ses propres mots, le Père qui est la source unique de l’Esprit ; mais c’est Lui, le Fils, qui le donne aux croyants : « Paix à vous ! » et surtout « recevez le saint Esprit » font du Verbe le grand Donateur de l’Esprit. Le temps de Pentecôte est commencé.

Le but de l’Incarnation

L’Église entend les nobles prières du Pentecostaire. On comprend que la Résurrection n’est pas l’aboutissement de tout, qu’elle n’est pas la fin de l’économie du Salut. Non : la Résurrection, la Pâque du Fils de Dieu et Fils de l’Homme, instaure l’avènement de l’Esprit. Le Verbe s’est fait chair et homme, non seulement pour souffrir, non seulement pour nous réjouir par résurrection, mais pour donner à tous l’Esprit du Père ! Tel est le but de l’Incarnation où l’Esprit nous donna le Fils ! Le temps de Pentecôte est une cinquantaine comme le dit le nom ; or, comme le carême pascal est précédé par toute une préparation, ce qui constitue en tout une bonne cinquantaine, le temps de Pentecôte dure une quarantaine jusqu’à l’Ascension, que prolongent dix jours avant la Descente vertigineuse de l’Esprit.

Les Cent jours

Nous suivons ainsi deux carêmes, de part et d’autre de la Pâque du Sauveur, en réalité deux cinquantaines. Dans cette grande période de cent jours, Pâque, aboutissement du grand Carême catéchuménal, est suivi d’un autre carême, qu’on pourrait appeler le Carême de l’Esprit. Cette cinquantaine correspond, pour ceux qui ont été illuminés à Pâques, à celle que les Pères appellent celle de la catéchèse mystagogique. C’est le temps de pénétrer, par l’Esprit saint justement, toute la profondeur de l’événement pascal, le passage du Seigneur de la mort à la vie, de la terre jusqu’au ciel, de l’Enfer au Paradis. Tous sont invités à boire « au flot nouveau de la source d’immortalité merveilleusement jaillie, non plus du rocher dans le désert, mais sur le tombeau du Christ, notre force et notre joie ! », selon le canon pascal.

Le Verbe, Donateur de l’Esprit

Le Christ ressuscité est ce Rocher d’où surgit l’Eau vive, l’Esprit du Père. De son côté ruisselle de le Vivifiant. Aujourd’hui, l’apôtre fait l’expérience du Christ Source de vie. La foi surgie dans son cœur au contact du côté percé par la lance est un miracle de l’Esprit. Et le Christ parle d’un second miracle du même Esprit : ceux qui s’approchent du Rocher mystique par la foi, le connaîtront par l’Esprit autant que ceux qui le touchent et à qui l’Esprit communique la connaissance parfaite du Verbe. À nous aussi, en ce Carême de l’Esprit, il est promis que, nos yeux de chair étant transfigurés, ou par le fruit d’une confiance aveugle, nous nous abreuverons à la Fontaine de Vérité. Notre prière, pendant tout ce temps de Pentecôte est la louange, la glorification du Ressuscité Source de Vie : Gloire à ta divine Résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 5 mai 2019)