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Évangile du dimanche des Myrrhophores : Marc 15, 43 à 16, 8

La fragilité des disciples –

Nous aimons particulièrement les saintes Myrrhophores, leur faiblesse devant la mort de celui qu’elles avaient suivi comme leur Maître. La fragilité des saintes femmes dans la foi est égale à celle des apôtres enfermés par peur des ennemis. L’évènement effrayant du Golgotha a ébranlé les disciples les plus solides, hommes et femmes. Ce n’est pas la crainte qui les anime, cette bonne et noble crainte de Dieu qui te fait t’incliner devant lui et reconnaître ta petitesse devant le Créateur.

La peur

Non : c’est la peur qui fait les femmes aller au tombeau de grand matin, persuadées qu’à cette heure-là, un matin de Pâque, au lever du soleil, elles ne feront pas de rencontre désagréable, ne seront pas inquiétées par la police du Romain ou du sanhédrin. Elles espèrent faire tranquillement la tâche qui leur incombe et qu’elles n’ont pu terminer, embaumer le corps du mort bien-aimé, Jésus de Nazareth, leur Maître. L’Esprit saint ne s’est pas encore fait connaître. La faiblesse des femmes et des hommes apostoliques devant la mort de leur maître, comme l’incroyance de Thomas, l’indiquent. Sans l’Esprit, nous sommes terrifiés devant la mort, particulièrement celle de ceux ou celles en qui nous avions mis notre confiance, qui nous guidaient, nous consolaient et nous enseignaient.

L’Esprit mystagogue

Sans l’Esprit, nous ne voyons rien, nous ne comprenons rien et nous avons peur de tout. Sans, Lui il n’y a pas de martyr, il n’y a pas de cœur vainqueur de la peur de la mort. Sans l’Esprit l’œuvre du Fils ne se manifeste pas en nous. Aujourd’hui, la grâce de Dieu se fait connaître par son manque. Les saintes femmes, quoique porteuses du parfum qui annonce l’Esprit et ses dons, ne sont, comme les apôtres eux-mêmes, comme les pèlerins d’Emmaüs, que de fragiles disciples. Sans l’Esprit, personne ne connaît la présence du Ressuscité dans le monde ni ne voit son visage pourtant éclatant de lumière. Sans l’Esprit, le cœur humain pourtant bien disposé s’inquiète : « qui nous roulera la pierre ? » ; elle est si grande ! Qu’allons-nous faire ? Et elles sont, dit l’évangéliste, « effrayées », « toutes tremblantes », « stupéfaites », elles ont « peur » et elles s’enfuient !

La connaissance parfaite

Même le courage de Joseph d’Arimathie qui entre comme un brave chez Pilate, n’est encore, qu’on nous pardonne, qu’un courage humain, celui d’un notable qui sait se faire respecter de l’Occupant. En négatif, l’évangile nous promet une autre force, une autre inspiration, un autre charisme, celui qui manquait à Thomas tant qu’il ne l’eut pas reçu, et aux Apôtres enfermés dans la chambre haute tant que la fulgurante Descente de l’Esprit n’était pas advenue. Toute notre vie, en ce temps de Pentecôte, se prépare désespérément au don de l’Esprit. Tout en nous a besoin de la glorieuse Onction pour croire en Jésus, pour voir la Résurrection, pour suivre le Fils de Dieu présent parmi nous. En ce temps de Pentecôte, du Carême de l’Esprit, demandons à tout moment au Fils son Esprit : Envoie, Seigneur Jésus, ton Esprit sur nous, afin que nous te connaissions et te voyions partout présent !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », dimanche 12 mai)