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Évangile du dimanche du Pardon : Matthieu 6, 14-21.

Le désespoir –

Le message de ce jour est fait pour nous consoler du désespoir où avait pu nous plonger la parole de dimanche dernier, inexorable Jugement dernier devant lequel chacun se trouve désarmé. Si nous sommes un peu conscients, nous désespérons de notre salut. Il n’y a rien en moi, dans ma propre vie, qui puisse me faire envisager d’être sauvé. Tous mes actes, mes pensées elles-mêmes et mes paroles me condamnent, et j’entends adressées à moi-même ces paroles terribles : « loin de moi, maudit ! »

L’espoir

Mais, afin que le Diable, qui est l’ennemi du salut de tout homme, ne puisse s’emparer des âmes désespérées et les conduire à leur ruine définitive, le Seigneur a prononcé une autre parole, celle que nous entendons aujourd’hui et qui rend force aux cœurs appesantis par les péchés irréparables de notre vie. Cette parole joyeuse, lumineuse, débordante d’espoir pour tout homme et surtout pour les derniers des pécheurs, est celle qui retentit au début de l’évangile : « Si vous pardonnez aux gens leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera à vous aussi ! » Quelle bonne nouvelle ! Quelle joie ! Il y a donc un espoir de salut pour chacun de nous, même pour le pire d’entre les hommes.

C’est à nous

Il y a donc une solution dont l’instrument est entre nos mains. Toi qui étais un homme perdu en raison de tes pensées coupables, de tes paroles meurtrières et de tes actes impurs et même ignobles, toi qui es peut-être, en raison de ton comportement, la lie de l’humanité, un déchet, un ver et non un homme, comme dit le prophète David, toi, pourtant, toi également, tu peux être sauvé et tu as entre les mains la clef de ton salut. L’homme condamné, le pécheur sans avocat et dont les fautes sont sans excuses, le reprouvé que je suis peut-être, l’homme qui n’est presque plus un homme à cause du mal qu’il a fait aux autres hommes, peut être sauvé s’il se montre seulement capable de pardonner à autrui le mal que celui-ci lui a fait. Ne demande même pas pardon : pardonne seulement toi-même ! N’implore pas la miséricorde divine : pardonne à ceux qui t’ont offensé ! Pardonne, et le Seigneur fera le reste.

Commencer

Pardonne : commence ; mets toi-même en route le salut par ta propre force, par ta propre liberté, par ce qui reste de sagesse ou de bienveillance dans ton cœur déchu. Pardonne : montre-toi un roi ; redresse-toi ; aujourd’hui en pardonnant, en remettant toi-même les dettes, tu te montres vainqueur de la mort éternelle où le Diable t’entraînerait par le découragement, le désespoir et même le doute. Il te ferait douter de toute miséricorde et de toute issue, la justice de Dieu étant sans recours. Mais Dieu Lui-même te tend la main et t’indique la porte de sortie, l’instrument de la victoire sur Satan et les siens : pardonne et tu seras sauvé ! Tu pourras dire cette prière : Père céleste, pardonne-moi comme j’ai pardonné ! Le pardon divin répondra au tien.

La Résurrection

La grâce de l’Esprit descendra sur tes œuvres mortes et te vivifiera. Pardonner c’est invoquer l’Esprit sur autrui, sur les ennemis, ceux qui ne m’aiment pas. Pardonne et tu verras, comme un feu, comme une colombe, comme une eau de fontaine, descendre l’Esprit sur la tête de ceux qui t’accusent devant Dieu. Pardonne, et tu verras fuir Satan et ses cohortes. Pardonne et tu verras la mort reculer et remonter à sa source méchante, le ressentiment, le jugement d’autrui, la jalousie, l’envie, et la malédiction. Pardonne et tu verras le Christ ressuscité. Pardonne et tu te verras ressuscité avec le Christ. Pardonne et tu verras comme le Christ veut sauver tous les hommes et la Création toute entière !

(Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 10 mars 2019)

> icône du Prophète David