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Homélie pour le dimanche des saints Pères (31 mai 2020).

Les conciles œcuméniques –

Le dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte est dédié, dans le calendrier de l’Église des Pères, à la mémoire des six premiers conciles œcuméniques. On peut comprendre que l’Esprit saint tant attendu vient là où il y a unité de foi, unanimité, concorde. Il vient sur ceux qui partagent la même reconnaissance de l’identité de Jésus Christ, de l’identité de l’Esprit lui-même et de l’identité du Père. L’unité de foi n’est pas seulement une unité doctrinale, car le mystère de la divine Trinité n’est pas une doctrine humaine: il est la révélation que Dieu a fait de lui-même. Ceux qui confessent le Père et le Fils et l’Esprit comme unique Divinité en trois personnes ou hypostases, non seulement sont unanimes entre eux, mais sont également d’accord ou unanimes avec Dieu lui-même.

L’unanimité divino humaine

La concorde n’est pas uniquement humaine; elle est divino humaine et c’est comme telle qu’elle peut accueillir le don total de l’Esprit. Cette concorde est exprimée par les sept conciles œcuméniques ; elle est indispensable également pour toute communauté de baptisés: famille, fraternité, paroisse, monastère et, structure de référence, diocèse, sont fondées dans l’unité de foi, la “pierre d’angle”. Les évêques de tous les diocèses maintiennent cette unanimité dans la foi, même quand surgissent des divergences d’ordre canonique portant, par exemple, sur la juridiction de tel ou tel Église souveraine.

Le Christ s’est exalté !

Ce dimanche est donc dédié au mystère de l’Église que viendra couronner la divine Pentecôte. La couronne est un des symboles de l’Esprit. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans la lumière de l’Ascension, qui n’est pas seulement une “ascension” spatiale, qui n’est non plus un simple effacement du Verbe, disparaissant après être apparu à ses disciples, et qui est une glorieuse et divine exaltation, “élévation dans les hauteurs”. Une telle exaltation scelle et sanctionne toute la mission du Verbe fait chair. Elle est le moment de sa glorification. Le Christ s’est exalté! Il n’est pas promu à la droite du Père, car, tout en étant homme parmi les hommes, Il était toujours à cette place qui lui revient de façon atemporelle; mais Il reçoit l’hommage et du Père et des créatures pour l’accomplissement de sa mission.

L’Ascension

L’icône le montre: dans celle que nous avons peut-être sous les yeux, onze apôtres et deux anges entourent la Mère de Dieu, type de la sainteté humaine, de l’humanité déifiée qui est celle du peuple des baptisés. Autour de ce groupe, la Création participe à ce moment d’honneur: les rochers, les arbres, la terre, la lumière créée, le ciel… L’apothéose, si l’on peut dire, du Dieu Homme intéresse, avec le Père céleste, toutes les créatures. En haut de l’image, les chérubins et les séraphins portent, dans une mandorle de ténèbre divine, le Fils de Dieu vêtu du rouge de son sang, du vin de la Coupe et de sa pourpre royale.

L’Église

C’est l’icône de l’Église: le Christ Dieu est la Tête suprême de ceux qui sont unanimes à son sujet ainsi que de toutes les créatures visibles et invisibles. Il est vrai, du reste, que le Seigneur Jésus Christ est le seul personnage historique qui fasse l’unanimité. Nous rendons, devant cette image consacrée, hommage au mystère de l’Église dans sa catholicité, présidée par le seul chef qu’elle puisse accepter, le Sauveur et Messie porteur de l’Évangile. Ici, en fait, Il ne montre pas l’Évangile, puisqu’Il est l’Évangile en Personne; mais Il bénit, car c’est à cela qu’Il se fait reconnaître après la Résurrection: Il bénit en disant “Paix à tous!”, parole qui résume le message évangélique.

La responsabilité des personnes

Pensons également que cette unanimité au sujet de Jésus Christ et cette acceptation de sa royauté sur toute créature ne sont pas de caractère collectif. L’Eglise n’est pas une foule: elle est une communion de personnes. Cela veut dire que le mystère de l’Exaltation du Fils unique et Verbe de Dieu doit être assumée par chaque baptisé. Chacun d’entre nous est appelé à vivre cette concorde, avec ses frères dans la vraie foi et avec le Père céleste, “notre” Père. L’Église, c’est toi, c’est moi, c’est lui, elle, eux, nous… des personnes créées qui assument, chacune pour sa part, en communion avec les personnes divines, avec les justes et les saints, et avec les puissances incorporelles, la catholicité de la foi et de la vie donnée par le Christ ressuscité, et activée bientôt par l’Esprit. L’Eglise est le lieu du charisme suprême de la responsabilité. Par les prières de nos saints Pères, Christ notre vrai Dieu, Toi qui en ce jour es exalté au-dessus de toutes les créatures visibles et invisibles, à la droite du Père que Tu n’as pas quittée, donne-nous ta paix: Amen!