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Le dimanche de Pâques : Jean 1, 1-17

La bonne nouvelle –

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il l’est ! Et nous l’annonçons à tous les hommes, à « toute chair », comme dit la Parole, c’est-à-dire à toute créature. Nous annonçons la « bonne nouvelle », l’ « évangile » de la Résurrection à la mer, au ciel, à la terre, aux enfers, à l’Orient et à l’Occident, au Nord et au Midi, aux animaux qui nagent, qui rampent ou qui volent – à tous les êtres visibles et invisibles. Et nous succédons aux anges, aux saintes femmes, aux glorieux apôtres et à la foule des saints et des martyrs de tous les temps et de tous les lieux : le Christ est vraiment ressuscité !

Pourquoi le Prologue ?

Mais, pourquoi l’évangile de ce jour n’en fait-il pas autant ? Pourquoi ne chantons-nous pas un de ces passages qui sont lus le dimanche à matines ? L’évangile de ce matin de Pâques témoigne, non du fait-même de la Résurrection, mais de la substance de l’évènement historique du Dieu Homme revenant de l’enfer par sa propre et divine puissance. La Résurrection est un renouveau de la création, une nouvelle genèse, une palingénésie. Aussi le premier mot est-il ici, comme dans le livre de la Genèse : « dans le Principe ». Il n’y a qu’un seul et unique principe, et ce moment initial de tout ce qui est renferme une seule et unique puissance créatrice, qui fait d’abord être, puis surabonder l’être et la vie au travers de cet extrêmement moindre être qu’est la mort – puissance qui appelle du non être à l’être et de la mort à la vie.

L’appel de la mort à la vie

La mort est une indéfinie diminution de la vie tendant à coïncider, si c’était possible, avec le non être. Elle est une hallucinante et diabolique régression de l’être, un retour vers l’avant-vie, l’avant-être – et c’est pourquoi elle constitue le scandale et l’absurdité par excellence, contre-nature, horreur absolue, si l’on peut ainsi qualifier ce qui frôle le rien… « Dans le principe », le Verbe, tourné vers le Père Dieu, étant Lui-même Dieu, étant la Vie et la Lumière, Lumière remplie de la Lumière de l’Esprit du Père qui est Lumière, a tout voulu faire être ; dans le même principe, ce même Verbe et Dieu, Unique engendré du Père, « plein de grâce et de vérité », a tout voulu renouveler, vivifier et sauver, dans la nouveauté de sa propre et divine gloire.

La proclamation pascale

Le Prologue chante la substance de la Pâque du Dieu-Homme : advenu par lui, son monde ne le connaît pas. Ténèbre, non de la divine inconnaissance, mais de l’hostilité satanique, résistance et riposte de la mort, la méconnaissance de Dieu se mue en hostilité et instrumentalise au Sanhédrin les tenants de la religion. Le Prologue chante la victoire sur la mort du Vivant rejeté, accusé, condamné et exécuté par « les siens », qui « ne l’ont pas accueilli ». Il est ainsi la plus belle proclamation pascale : il annonce la nouveauté absolue de la Résurrection, et la victoire de l’amour sacrificiel sur toute inimitié.

Le Christ vainqueur

Le Verbe triomphe dans la gloire que nous contemplons, dans la plénitude de l’Esprit que nous avons tous reçu, « grâce sur grâce », débordement de bien, et dans le dévoilement irréversible de ce qu’Il a Lui-même dit par le saint Moïse et par tous les prophètes. Le Christ, Vérité divine en personne, est invincible et irréfutable, parce que la vie, surtout la vie traversant l’enfer de la non vie, est indiscutable.

(Radio Notre-Dame, Lumière de l’Orthodoxie, dimanche 16 avril)