Imprimer cet article Imprimer cet article

Neuvième dimanche après la Pentecôte : Matthieu 14, 22-34

Une rencontre providentielle –

Avec l’évangile dominical, nous avons entendu aujourd’hui également l’évangile du saint Baptême. La célébration a commencé par l’immersion et la chrismation d’une adulte après qu’elle a eu confessé la vraie foi. Nous faisons de plus mémoire du saint apôtre Matthias. Quel lien pouvons-nous apercevoir, par la grâce du saint Esprit, entre ces évènements ? Le saint Esprit est Celui qui inspire l’actualisation de la Parole dans le contexte présent. Il nous montre précisément une unité dans le mystère de l’eau, dans la confession de la foi et dans le charisme apostolique.

Le miracle du baptême

Les saints apôtres et leurs successeurs immédiats baptisaient et baptisent toujours. Et surtout ils oignent de la grâce du saint Esprit ceux qui ont confessé la vraie foi et qui ont été immergés dans la vie du Christ. Par le baptême et la chrismation, ils réalisent ce dont parle saint Paul dans l’épître de ce jour : la personne humaine devient « le temple de Dieu et l’Esprit habite en elle ». Ce grand miracle s’accomplit en ce jour pour la nouvelle illuminée, la néophyte qui viendra communier en premier. Le miracle est lié à la foi. « Homme de peu de foi », comme l’apôtre Pierre, l’être humain est pourtant capable de « marcher sur les eaux ».

L’homme debout

Ceci se produit quand celle ou celui qui a été immergé, qui a été, comme l’apôtre, « sur le point de couler », peut-être même de se noyer, de ne pas survivre à la proximité de la mort dans les eaux profondes, émerge précisément et se tient debout au milieu du baptistère. Par la foi en Jésus Christ, et surtout par le fait que le Sauveur « te tend la main et te saisit », comme il le fait aujourd’hui pour son apôtre, te voilà arraché à la profondeur des eaux. Celles-ci sont consacrées en eaux du Jourdain. Chacun y trouve, non la mort éternelle, mais la vie éternelle. Chacun y passe, par la puissance du Christ, et selon la mesure de sa foi, de la mort à la vie.

La foi de l’Eglise

Ta foi est-elle trop petite, « homme de peu de foi » ? – la foi de l’Église dans la barque qui en est l’image, est grande : « Tu es vraiment le Fils de Dieu ! », s’écrient tous les disciples en se prosternant devant le Sauveur Jésus. La foi de l’Église, de ce collège apostolique auquel fut adjoint Matthias dont nous faisons mémoire en ce jour, est très puissante. On appelle l’Église  « apostolique » pour cette raison : elle est celle qui porte la foi des Douze et des premiers disciples, ces précurseurs des saints laïcs que vous êtes. Toute la Barque-Église est apostolique parce que tous confessent la même et vraie foi, tous passent de la mort à la vie dans l’eau baptismale, tous sont consacrés en temples du saint Esprit par le sceau chrismal.

Jésus Seigneur

Et surtout, tous ont Jésus Christ pour Seigneur et Maître. Ils le reconnaissent comme Créateur du ciel et de la terre, comme Maître de la vie et de la mort ; ils le voient par des yeux charismatiques régner sur les flots et gouverner les vents. Le saint baptême, quoique généralement célébré dans une église ou dans son baptistère, a une dimension cosmique : en lui se renouvellent les eaux primordiales, les souffles, tous les éléments de la Création et la créature humaine elle-même. En lui siège et règne le Verbe créateur avec le Père et l’Esprit. Et chacun, par cette immersion victorieuse de la mort, est déjà potentiellement christifié, déifié, divinisé et sanctifié. Par la foi en Jésus, en le glorifiant sans cesse comme Seigneur, nous vaincrons la peur de la mort, la terreur devant les tempêtes de ce monde.