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Le Dimanche de l’Orthodoxie

L’Histoire –

Le premier dimanche de Carême, l’Église célèbre le « triomphe de l’Orthodoxie » : celui-ci commémore la victoire sur l’iconoclasme et la restauration de la vénération des icônes à Constantinople, en 843, suite au VIIème concile œcuménique. Ce dernier, réuni en 787 à Nicée, proclama que les icônes devaient être, dans les églises, vénérées au même titre que la précieuse croix « qui donne la vie » et le livre des évangiles. La célébration du premier dimanche de Carême signifie l’affermissement de la vraie foi : l’Icône, la Croix et l’Évangile sont les emblèmes par excellence de l’Incarnation de Dieu et de la transfiguration de la matière.

Place liturgique

La place de cette fête en début de Carême signifie l’enjeu de toute la période pascale : voir Dieu. Pendant la semaine, c’est dans l’obscurité de l’église que les icônes brillent ; le samedi et le dimanche, tout est lumineux, les icônes resplendissent, l’évangile de la Résurrection est proclamé. Le Carême initie au resplendissement de l’image de Dieu, d’abord dans l’humanité de Jésus Christ, puis en chacun de ses membres par l’Esprit saint. Par le repentir, le jeûne, la veille, la prière et l’amour du prochain, l’être humain se libère de ce qui l’empêche de voir Dieu. « Maintenant que Dieu est apparu dans la chair et a vécu au milieu des hommes, je fais une image du Dieu qui peut être vu » (saint Jean Damascène).

La vigilance

Ce dimanche invite les chrétiens au renouvellement de leur conscience baptismale. Le discernement est un charisme du Peuple de Dieu. Celui-ci ne se reconnaît pas dans n’importe quelle icône. Il veut y retrouver l’expression de la foi et de la tradition des Pères. Par exemple, dans une paroisse, le consensus n’a pas été obtenu pour une image du Christ souffrant. Plusieurs raisons ont été exprimées : l’icône était signée ; elle montrait le Christ yeux fermés (c’est-à-dire mort), couronné d’épines, les mains liées, et revêtu de pourpre. Cette icône montrait un moment de la Passion, rapporté par l’Évangile : le Christ au Prétoire. Or l’icône doit montrer la personne dans l’accomplissement final de sa vie, non dans un seul chapitre ; c’est pourquoi on vénère le Christ glorieux, dans la réalisation de sa Pâque. Le Peuple a refusé l’icône. Ceci montre que le temps du Carême est le temps du renouveau de la conscience ecclésiale qui, dans la liberté de l’Esprit, discerne, ratifie ou ne ratifie pas les propositions, même si elles émanent d’un évêque ou d’un prêtre. L’Amen est royal.

Eschatologie

La fête de ce dimanche vise également à l’accomplissement des temps : alors la perfection de l’image parfaitement ressemblante sera manifestée triomphalement dans la personne de Jésus Christ, le Fils de Dieu venant en gloire, et dans la transfiguration des saints et des justes.