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Le dimanche de Thomas

Le catéchuménat –thomassunday [1]

L’ancienne liturgie latine l’appelait « in albis » (les nouveaux baptisés changeaient leur vêtement blanc pour leur costume ordinaire) ou « Quasimodo » (« Comme des enfants nouveau-nés » : les catéchumènes deviennent les « néophytes ») : ce dimanche clôt le cycle baptismal au sens strict. Les nouveaux disciples sont « envoyés » dans le monde pour témoigner.

Les apparitions

Pendant la quarantaine qui suit Pâques, l’Écriture dénombre onze apparitions du Christ ressuscité. En ce dimanche, il est fait mémoire de celles du premier jour et celle du huitième, particulièrement importante, puisqu’elle atteste la résurrection corporelle du Sauveur. Des milliers et des milliers de personnes, au cours de 20 siècles, ont cru et croient à ce fait, sur la base de l’expérience de Thomas, des apôtres et des saintes femmes. L’Église repose sur la parole de Dieu ainsi que sur la parole des témoins : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » – c’est ce que nous disons, à notre tour, au moment de communier au Corps très pur et au Sang très précieux de Dieu fait Homme.

Le statut nouveau de la souffrance

Les douleurs du corps et de l’âme, les grandes plaies de l’humanité, sont assumées par le Verbe incarné : Il s’est fait le Sujet suprême de nos joies et de nos peines, de notre mort et de notre vie. Il souffre en chaque souffrant. En palpant la souffrance d’autrui, c’est Jésus que nous rencontrons. Au cours des siècles, des millions de croyants se sont dévoués à des frères souffrants, à commencer par ceux qui rendaient visite aux captifs promis au supplice de l’arène. Ces croyants, comme le montre la vie des saints de tous les temps, avaient la conscience d’avoir rendez-vous avec le Christ dans la souffrance des malades, des prisonniers, des vieillards. L’extraordinaire créativité de l’Église dans l’Histoire en matière de charité active – de saint Basile le Grand à Vincent de Paul  – soutenu par un témoignage continu – de saint Jean Chrysostome à Mère Teresa -, l’œuvre sociale des monastères dans tous les pays où résonna l’Évangile, prolonge la découverte que fait en ce jour le saint apôtre et évangéliste Thomas : il touche du doigt la souffrance humaine de Dieu, la plaie corporelle si souvent symptôme d’une déchirure de l’âme. Pensons également aux innombrables médecins, infirmières et soignants de toutes catégories, sœurs de charité qui ne croient pas encore, qui, sans le savoir, touchent du doigt la présence du Christ – nombre d’entre eux sont croyants.

La compassion

Le message de ce jour saint est que, dans sa souffrance, nous rencontrons, non seulement le Christ, mais la personne même d’autrui. Où as-tu mal ? Où es-tu ? Dis-moi où tu as mal, c’est là que tu es vivant. La blessure au côté du Christ prouvait sa vie. Un cadavre n’a plus mal. J’ai rendez-vous avec autrui là où il saigne, au lieu le plus sensible de son être, lieu de vérité, point de communion : la compassion est un contact de personne à personne, extraordinaire ouverture des cœurs, carrefour en forme de croix où l’on peut rejoindre autrui, le comprendre, peut-être, en tout cas l’aimer. La compassion est union, corps à corps, âme à âme, tendresse, épousailles d’autrui, comme le montre la belle légende de saint Julien l’Hospitalier…

 Bibliographie : Gustave Flaubert, Trois Contes, Garnier, Paris, 1961, p. 77.


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